L’Édition 2025 du Panorama de la chaleur renouvelable et de récupération qui vient d’être publié pose le constat. Plus du quart de la production de chaleur est déjà d’origine renouvelable en France. Mais il faut continuer à la décarboner et la France en a la capacité !
La chaleur représente plus de 40% de l’énergie consommée en France, ce qui en fait un enjeu central de notre politique énergétique et climatique. Si sa production repose encore majoritairement sur des énergies fossiles importées, elle se verdit d’année en année. C’est ce que confirme la 9ème édition du Panorama de la chaleur renouvelable et de récupération, publiée par l’AFPG, le CIBE, la FEDENE, le SER et UNICLIMA, avec le soutien de l’ADEME. Elle révèle que la chaleur renouvelable progresse : fin 2024, elle représentait 28,9 % de notre consommation finale de chaleur en France métropolitaine. Au total, ce sont 178,9 TWh de chaleur renouvelable qui ont été produits en 2024, auxquels s’ajoutent la chaleur de récupération, ce qui porte la production totale de chaleur EnR&R à 185 TWh en 2024.
Une programmation pluriannuelle de l’énergie ambitieuse mais réaliste pour accélérer la décarbonation de la chaleur
Alors que les évènements au Moyen-Orient rappellent avec force la nécessité de réduire notre dépendance aux énergies fossiles, la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE3) définit une trajectoire ambitieuse pour la décarbonation de la chaleur : les objectifs fixés conduisent à une multiplication par plus de deux de la consommation de chaleur renouvelable et de récupération d’ici à 2035. Atteindre ces objectifs suppose une forte accélération : +8 % de croissance annuelle entre 2024 et 2030 et entre +2% et +8% entre 2030 et 2035. Ce rythme, certes ambitieux, reste réaliste dans la mesure où il a déjà été atteint par le passé : entre 2021 et 2022, la consommation de chaleur renouvelables et de récupération a augmenté de 7,8 %.
Nouvelle crise énergétique : il est urgent de soutenir la dynamique de projets
La hausse constante de la consommation de chaleur renouvelable et de récupération, soulignée dans le Panorama 2025, illustre une véritable dynamique de projets dans toutes les filières. Quelques chiffres clés en témoignent :
- Une centaine de projets de géothermie profonde identifiés ;
- Un gisement de chaleur fatale encore largement inexploité : 8 TWh1 de gisement identifié dans les unités de valorisation énergétique (UVE) et 85,2 TWh2 dans l’industrie ;
- Une progression remarquable des grands projets solaires thermiques, en plein essor dans l’industrie agroalimentaire avec 9 MW mis en service en 2025 ;
- Une demande de subventions record auprès du Fonds chaleur, qui atteint 1,5 milliard d’euros au premier trimestre 2026 ;
Alors que la décarbonation de notre économie s’impose comme une priorité absolue, il est impératif de renforcer les dispositifs qui ont prouvé leur efficacité, notamment le Fonds Chaleur, MaPrimeRénov’ et les Certificats d’Économie d’Énergie. Rappelons que selon l’ADEME, avec un prix du gaz à 50 €/MWh, le Fonds Chaleur permet de générer une économie annuelle de 2,5 milliards sur la balance commerciale.
La visibilité et la stabilité des soutiens publics sont cruciales.
Face à la multiplication des crises énergétiques, accélérer la décarbonation de la chaleur est plus que jamais nécessaire. Il faut mobiliser toutes les sources thermiques renouvelables et de récupération pour renforcer notre sécurité énergétique, protéger ménages et entreprises contre la flambée des prix des énergies fossiles, et tenir nos engagements climatiques. Pour sortir durablement des énergies fossiles, la visibilité et la stabilité des soutiens publics sont cruciales. Un débat éclairé sur les moyens et les leviers à mobiliser s’impose avec la mise en place, à l’instar du plan d’électrification, d’un groupe de travail ministériel dédié à la chaleur pour définir les mesures d’accompagnement nécessaires à l’accélération des projets.





