La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié en janvier 2026 une mise à jour de son état des lieux des appels d’offres « PPE2 » lancés en 2021 pour soutenir le développement des énergies renouvelables électriques en France métropolitaine. À fin 2025, plus de 80 % des volumes appelés – soit 23 GW sur les 29 GW prévus d’ici 2026 – ont été instruits, et 18,2 GW ont été retenus, représentant 63 % de l’objectif global.
Après un démarrage marqué par la crise énergétique et l’inflation des coûts en 2021-2022, la dynamique s’est nettement améliorée. Les taux de souscription, initialement faibles, se sont redressés à partir de mi-2023 grâce à l’adaptation des cahiers des charges, notamment l’introduction d’un mécanisme d’indexation destiné à mieux refléter l’évolution des coûts entre le dépôt des offres et la mise en service. À fin 2025, les volumes retenus couvrent 78 % des volumes appelés à date, contre 68 % fin 2023. Les appels d’offres ont ainsi permis de relancer le rythme de déploiement du solaire et de l’éolien, même si un retard demeure par rapport aux ambitions initiales.
Des prix sous tension malgré la baisse des investissements
Sur le plan des prix, la crise s’est traduite par une forte hausse des tarifs proposés : +40 % pour le photovoltaïque au sol, +22 % pour le photovoltaïque sur bâtiment et +35 % pour l’éolien terrestre entre 2021 et mi-2023. Depuis, les prix du solaire amorcent une décrue, tandis que ceux de l’éolien se stabilisent. Pourtant, les coûts d’investissement (CAPEX), majoritaires dans l’économie des projets, ont baissé plus nettement depuis 2023, en particulier pour le photovoltaïque.
Ce décalage s’explique principalement par le maintien de taux d’intérêt élevés – autour de 3 à 4 % en 2025, contre moins de 2 % fin 2021 – et par la hausse des coûts d’exploitation (assurances, maintenance, fiscalité), dont la part dans les coûts totaux progresse. Dans un contexte de concurrence accrue entre candidats, la CRE estime toutefois qu’une baisse plus marquée des prix pourrait se matérialiser dans les prochaines périodes.
Un soutien public significatif mais encore limité à court terme
Les projets retenus à mi-2025 devraient représenter environ 5,7 milliards d’euros d’aides publiques (en euros 2025) sur la durée des contrats, dans un scénario de prix de marché médian et en tenant compte d’un taux de chute de 20 %. Cette estimation demeure très sensible aux hypothèses de prix futurs : en cas de prix bas, le soutien pourrait plus que doubler, tandis qu’un scénario de prix élevés transformerait le dispositif en source nette de recettes pour l’État.
À ce stade toutefois, le soutien effectivement versé reste limité, les mises en service étant encore peu nombreuses. Enfin, la CRE souligne un enjeu industriel majeur : si les turbines éoliennes proviennent majoritairement d’Europe, les panneaux photovoltaïques utilisés par les lauréats sont encore très largement importés de Chine.





