mardi, mars 3, 2026
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La Métropole de Lyon adopte à l’unanimité un ambitieux Plan Solaire – Position du groupe communiste

Le Conseil de la Métropole de Lyon qui s’est réuni le 27 juin 2020 a adopté une délibération relative à la mise en œuvre d’un Plan Solaire qui vise à produire 245 GWh par an d’électricité photovoltaïque et 50 GWh par an de solaire thermique avant 2030.

Les débats, de bonne tenue, se sont conclus par un vote à l’unanimité.

Nous vous proposons de revoir la vidéo et le verbatim de la position du «groupe communiste et républicain».

Les réactions des groupes politiques « Synergie élus et citoyens », « socialiste » et « écologiste » seront présentées dans les prochains jours.

Le texte de la délibération est disponible en cliquant ici

Retrouvez la présentation du projet par le vice-président Philippe GUELPA-BONARO paru hier


Président : merci, la parole est au « groupe communiste et républicain »

Pierre-Alain MILLET : Monsieur le Président, Chers collègues,

Le soleil est la principale source d'énergie, 170000 térawattheures reçus chaque heure, autant que l'humanité en consomme chaque année c'est le soleil qui produit le vent, les marées, qui fait grandir les plantes, et produits donc ce qui deviendra de l'énergie fossile, bref tout, ou presque tout, vient du soleil.

Cependant, comme nous le savons tous aussi, le soleil brille principalement le jour, plus en été qu'en hiver, et plus au sud qu'au nord, du moins de notre côté de l'équateur. Le résultat est que le photovoltaïque ne peut nous fournir de l'électricité que 1200 heures par an en moyenne, autrement dit 15 % du temps et ce ne sont pas les heures de plus forte consommation. Certains répondent mais quand il n'y a pas de soleil il y a du vent ou de l'hydroélectricité, ce qu'on appelle le foisonnement, et bien pas vraiment quand l'anticyclone s'installe pour quelques semaines il y a peu de vent et toujours pas de soleil de la nuit.

En pratique la réponse à l'intermittence c'est l'appel aux énergies fossiles ce que les données allemandes confirment clairement, ou la coupure renommée « effacement intelligent », c'est plus classe. Tant que nous n'avons pas de solutions de stockage de masse de l'électricité cet énorme énergie solaire ne peut donc être la ressource énergétique principale.

Il est frappant de voir à quel point toutes les initiatives européennes, le Green Deal, le REPowerEU, Fit for 55, laisse de côté cette contrainte pourtant majeure. Il est vrai que l'Allemagne considérait que couvrir l'intermittence avec du gaz était positif pour un pays qui voulaient sortir du charbon, mais patatras le robinet du gaz se coupe et Allemagne comme Danemark et j'ai appris ce matin la France relance le charbon.

Voilà le contexte de cette délibération qui s'inscrit dans la politique énergétique dominante en Europe comme en France, dont la première caractéristique est, je cite : «d’imposer une réduction massive des consommations énergétiques 30% d'ici 2030 », les scénarios énergétiques dominants proposent le diviser par deux la consommation d'ici 2050. Il est aussi proposé d'accélérer la production d'électricité renouvelable via la filière solaire photovoltaïque pour atteindre 245 gigawattheures par an, ce qui représenterait, ce n'est pas écrit dans la délibération, 3 % de notre consommation totale. Autant dire que ce n'est pas l'enjeu principal.

Nous sommes donc réservés sur les impacts environnementaux économiques et sociaux d'autant que l'expérience accumulée par le SIGERLy montre que le bilan carbone et financiers de ces installations devraient conduire à privilégier les plus grandes installations. Le rapport précise que le niveau d'émissions carbone du photovoltaïque et de 30 grammes de carbone par kilowattheure, dix fois inférieur aux énergies fossiles. Mais le rapport ne précise pas que c'est quatre fois plus que le nucléaire. Le niveau d'émissions du réseau électrique aux heures où le photovoltaïque produit est donc souvent plus bas que celui du PV qui représente alors une hausse des émissions, c'est pourquoi nous demandons un bilan carbone de toute opération renouvelable un bilan à la maille horaire tenant compte de l'intermittence et de la nécessité d'autres sources complémentaires aux heures où le PV ne produit pas.

Le rapport veut aussi encourager l'implication citoyenne. Cela doit pour nous commencer par une sensibilisation ouverte au débat pour ne pas en rester à la publicité commerciale « votre toit vous enrichit ». Il faut de la pédagogie sur les renouvelables électriques, sur l'intermittence, les émissions de carbone, la provenance des panneaux, la qualité de service, l'impact sur les réseaux. Enfin nous sommes circonspects sur les propositions économiques de retour à des tiers investisseurs qui devront bien sûr être rémunérés, ce qui exige de la transparence sur qui paie et qui gagne dans ce modèle économique. De même il est proposé des offres de fourniture électrique aux usagers de proximité d'expérimenter l'autoconsommation collective des contrats d'achats directs auprès de producteurs locaux… Nous rappelons notre attachement au service public aux tarifs régulés au droit à l'énergie pour tous, partout, et nous ne soutiendrons pas une décentralisation qui organiserait la concurrence des territoires.

Dernier point d'interrogation la délibération évoque nos capacités d'investissement une ressource de fonctionnement, sans chiffre. Puisque nous ne voulons pas laisser le marché décider, nous pensons qu'il faut un investissement public et donc une ligne dans la PPI.

Au total monsieur le vice-président nous proposons une autre politique solaire, au plan national bien sûr, mais que nous pourrions expérimenter au plan métropolitain. D'abord sortir l'énergie solaire du marché et de ses logiques de rentabilité qui produisent toujours des gagnants et des perdants, des inégalités donc. Pour cela il faut de l'investissement public et il faut un cadre pour que les investissements privés répondent à nos objectifs et donc ils contribuent à une planification énergétique. Il ne suffit pas de le dire, comme un slogan de campagne électorale bien connu, il faut en tirer les conséquences et sortir de l'obligation d'achat à prix garantis financé par des taxes sur la consommation. Le projet solaire de la vallée de la chimie, par exemple, aurait pu être, j’en avait fait la proposition, l'occasion d'expérimenter la production d'hydrogène vert.

Ensuite il faut relever le défi de l'intermittence en investissant sur toutes les formes possibles de stockage et en les intégrant dans le modèle économique de l'investissement solaire. On peut par exemple recharger les véhicules électriques. La ville de Vénissieux le fait le week-end sur l'installation solaire de son centre technique. Certains le font à coup d’énormes installations de stockage batteries. Nous ne sommes pas sûrs de la pertinence environnementale, mais on peut expérimenter ou bien sûr, beaucoup mieux, avec des stations de pompage eau.

Nous proposons aussi, et ce n'est pas cité dans le rapport, expérimenter le solaire thermodynamique qui représente une forme de stockage permettant des taux de charge élevée quelle que soit des installations pilotables comme le nucléaire ou le fossile. On peut aussi utiliser bien sûr du photovoltaïque pour produire de l'hydrogène vert. Enfin il faut favoriser une filière industrielle régionale ou au moins nationale et on connaît tous l'histoire douloureuse de Bosch de Photowatt. Oui on peut donner toute sa place au solaire dans un mix énergétique avec nucléaire, éolien et hydroélectricité et ce n'est pas le marché et ses logiques qui doivent en décider. Je vous remercie.

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4 Commentaires

  1. Ca fait quarante ans qu’on nous rebat les oreilles sur la « propreté » et la performance « carbone » du nucléaire. Or le calcul est vicié à la base. Il n’est jamais tenu compte 1/ des 10+ ans de construction, des 50+ ans de déconstruction, des ???+ ans de gestion des déchets. Et l’on ne prend jamais en compte le risque accidentiel qui n’est pas limité dans le temps.
    L’intermittence du nucléaire n’est jamais évoquée. Actuellement, le parc tourne à <50% de sa capacité.
    Liée au réchauffement des eaux de surface, l'adaptabilité difficile sinon impossible de la contrainte thermique du refroidissement est niée.
    Arrêtons de radoter. Un peu de sérieux, merci.

  2. Ca fait quarante ans qu’on nous rebat les oreilles sur la « propreté » et la performance « carbone » du nucléaire. Or le calcul est vicié à la base. Il n’est jamais tenu compte 1/ des 10+ ans de construction, des 50+ ans de déconstruction, des ???+ ans de gestion des déchets. Et l’on ne prend jamais en compte le risque accidentiel qui n’est pas limité dans le temps.
    L’intermittence du nucléaire n’est jamais évoquée. Actuellement, le parc tourne à <50% de sa capacité.
    Liée au réchauffement des eaux de surface, l'adaptabilité difficile sinon impossible de la contrainte thermique du refroidissement est niée.
    Arrêtons de radoter. Un peu de sérieux, merci.

  3. Ca fait quarante ans qu’on nous rebat les oreilles sur la « propreté » et la performance « carbone » du nucléaire. Or le calcul est vicié à la base. Il n’est jamais tenu compte 1/ des 10+ ans de construction, des 50+ ans de déconstruction, des ???+ ans de gestion des déchets. Et l’on ne prend jamais en compte le risque accidentiel qui n’est pas limité dans le temps.
    L’intermittence du nucléaire n’est jamais évoquée. Actuellement, le parc tourne à <50% de sa capacité.
    Liée au réchauffement des eaux de surface, l'adaptabilité difficile sinon impossible de la contrainte thermique du refroidissement est niée.
    Arrêtons de radoter. Un peu de sérieux, merci.

  4. Ca fait quarante ans qu’on nous rebat les oreilles sur la « propreté » et la performance « carbone » du nucléaire. Or le calcul est vicié à la base. Il n’est jamais tenu compte 1/ des 10+ ans de construction, des 50+ ans de déconstruction, des ???+ ans de gestion des déchets. Et l’on ne prend jamais en compte le risque accidentiel qui n’est pas limité dans le temps.
    L’intermittence du nucléaire n’est jamais évoquée. Actuellement, le parc tourne à <50% de sa capacité.
    Liée au réchauffement des eaux de surface, l'adaptabilité difficile sinon impossible de la contrainte thermique du refroidissement est niée.
    Arrêtons de radoter. Un peu de sérieux, merci.

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