samedi, mars 7, 2026
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Le CLER s’insurge contre un rapport qui propose de confisquer la transition énergétique

CLER2Publié le jour même de l'ouverture de la Conférence environnementale, le
rapport remis par le CGIET et le CGEDD à la Ministre de l'Écologie, du
Développement durable et de l'Énergie et au ministre du Redressement
productif sonne comme une véritable provocation en proposant rien de
moins que la confiscation définitive de l'éolien et du photovoltaïque
par les grands groupes énergétiques, ceux-là mêmes qui n'ont eu de cesse
depuis des décennies d'empêcher leur développement par les citoyens,
les PME et les collectivités locales.

Oubliant totalement la nécessaire priorité à la maîtrise de l'énergie,
systématiquement à charge contre l'éolien et le photovoltaïque, bâti sur
de très nombreuses approximations quand ce ne sont pas des
contre-vérités assénées sans vergogne ce rapport fait peser de sérieux
doutes sur l'honnêteté intellectuelle et sur le niveau de connaissance
de ses auteurs. Bien que nombreux, ces derniers sont tous issus des deux
grands corps d'Etat (les « Mines » et les « Ponts ») qui ont construit
et qui dirigent encore le système énergétique actuel, celui que
précisément le Chef de l'État nous enjoint de faire évoluer : aucune
expertise indépendante, on ne s'étonne pas du résultat…

Malgré quelques mesures positives en matière de simplification
administrative, le rapport s'en prend violemment au principe même des
tarifs d'achat, le seul mécanisme de soutien qui, en apportant la
sécurité aux investisseurs, a vraiment fait ses preuves de par le monde :
efficacité économique et industrielle entraînant de spectaculaires
baisses des coûts et la création d'une industrie en pleine croissance.
En proposant de remplacer les tarifs d'achat par des appels d'offres,
une procédure dont la mise en œuvre a toujours conduit à des échecs
cuisants (dans l'éolien, le photovoltaïque et parfois la biomasse et le
biogaz) ou déstabilisé les filières locales d'approvisionnement (dans la
biomasse), nos grands technocrates dévoilent leurs réelles intentions :
confisquer le soleil, le vent et la biomasse au seul profit des
oligopoles de l'énergie gérés par les camarades d'école.

En effet, les tarifs d'achat permettent à tout un chacun de devenir
acteur de son approvisionnement énergétique et se rendre ainsi maître
son propre destin, et ceci quel que soit sa nature et son « métier » :
un particulier, une copropriété, un artisan, un agriculteur, une PME,
une mairie, un établissement scolaire, une association locale, une
coopérative… peuvent devenir producteurs. Cela fait des tarifs d'achat
bien plus qu'un simple outil de financement : un moyen privilégié de
démocratie participative et citoyenne à l'effort collectif.

Il est vrai qu'ils exigent pour bien fonctionner d'être correctement «
calibrés ». L'histoire mouvementée des tarifs photovoltaïques en France
ont montré les dégâts que pouvait provoquer un mauvais pilotage : trop
faibles entre 2002 et 2006, ils n'ont pas permis l'émergence à une
époque d'une filière industrielle française capable de se positionner à
l'international ; trop élevés entre 2006 et 2011, ils ont attiré les
spéculateurs les moins scrupuleux ; brusquement suspendus puis
totalement corsetés depuis, ils ont conduit, dans le plus grand silence
médiatique, à plusieurs milliers de licenciements dans les PME du
secteur…

La responsabilité de ces errements n'est pas imputable à la technologie
ni aux industriels, mais à une absence de pilotage politique et à un
mauvais calibrage des tarifs par l'administration, où les mêmes grands
corps d'Etat sont aux manettes. Des tarifs d'achat bien conçus et
correctement mis en œuvre sont par nature l'instrument d'une transition
énergétique démocratique, décentralisée et citoyenne à laquelle François
Hollande a clairement appelé : on n'imagine pas que sa ministre en
charge de l'énergie puisse maintenant suivre les préconisations d'un
rapport nostalgique d'un passé que l'on espère révolu.

Téléchargement Eolien-Photovoltaique_rapport-final

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3 Commentaires

  1. Bonjour,
    Les dinosaures sont encore là et montrent leurs dents.
    Espérons qu’ils ne seront pas suivis, sinon c’est à désespérer.
    Une provocation ? C’est bien pire : une FORFAITURE et une insulte à l’avenir.
    Cdlt.

  2. Le Groupe « EDF » en particulier a de plus en plus la main mise sur le soleil Français .
    A quand une Taxe pour ceux qui consomme moins « à cause » de l’ensoleillement ou des systèmes écologiques évitant (volant?) leurs taxes et profits.

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