Depuis quelques jours, les valeurs de l'industrie du solaire allemand tanguent dangeureusement à la bourse de Francfort. Raison de ce trou d'air : la volonté politique du gouvernement allemand d'abaisser rapidement les prix garantis aux producteurs d'électricité solaire via un contrat de vingt ans. Cela ne vous rappelle rien ? Au premier janvier dernier, les tarifs ont baissé d'environ 10% passant de 43 à 39 centimes d'euros le kWh pour les installations jusqu'à 30 kW. Une nouvelle baisse de 10% est d'ores et déjà programmée pour le 1er janvier 2011. Un rituel ! Ce que la filière n'attendait pas en revanche fut l'annonce du ministre fédéral de l'Environnement, Norbert Röttgen annonçant une nouvelle réduction des prix de l'ordre de 15 % supplémentaires dès le 1er avril 2010. Cette baisse sera étendue aux installations au sol dès juillet et elle sera même de 25% pour les panneaux qui occupent des terres cultivables afin d'éviter une dérive agricole. Voilà qui fait l'effet d'une bombe outre-Rhin.
A l'instar de la France qui demeure encore très largemet généreuse sur ses tarifs, – et c'est à noter avec le soleil en prime -, l'Allemagne, dont le marché est de tout autre importance (3000 MW installés en 2009), veut éviter tout dérapage budgétaire massif en ces temps oà les consommateurs sont mis à rude épreuve. Le gouvernement veut donc là aussi protéger le consommateur qui est mis à contribution sur sa facture d'électricité. En effet, le montant du soutien à l'industrie s'est élevé l'an dernier à 10, 4 milliards d'euros.
Et la réplique ne s'est pas faite attendre. Forte des quelque 50.000 emplois du secteur, l'association BSW-Solar menace : « Une grande partie de l'industrie solaire ne survivrait pas à une réduction à deux chiffres supplémentaire des subventions au photovoltaïque. Nous ne voyons guère de marge de ma noeuvre que pour une baisse supplémentaire des tarifs de l'ordre de 5 % » explique un communiqué qui rappelle par ailleurs que les entreprises allemandes du solaire souffre déjà considérablement de la concurrence des spécialistes qui chinois qui tire les prix des panneaux vers le bas. Et c'est justement cette baisse du Wc installé qui stimule le gouvernement à anticiper la baisse du tarif. Le Conseil des ministres devrait trancher en février. L'industrie souhaite une décision rapide pour donner de la visibilité au marché.





