Mardi 8 juillet 2025, le Sénat a adopté en deuxième lecture la proposition de loi « Gremillet », texte majeur visant à fixer la programmation énergétique nationale et à simplifier le cadre normatif dans le secteur de l’énergie. Si la relance du nucléaire constitue un pilier central du dispositif, les sénateurs ont tenu à réaffirmer le rôle stratégique des énergies renouvelables dans la transition énergétique française.
L’article 5 illustre pleinement cette volonté d’équilibre : il fixe pour 2030 l’objectif de produire 200 térawattheures (TWh) d’électricité renouvelable sur un total de 560 TWh d’électricité décarbonée. Soutenue conjointement par le gouvernement et la commission des affaires économiques du Sénat, cette ambition vise à accompagner la décarbonation des usages tout en assurant la sécurité de l’approvisionnement énergétique.
Les sénateurs ont également renforcé les objectifs en matière de gaz renouvelables. La loi prévoit désormais l’injection de 44 TWh de biométhane à l’horizon 2030, ce qui représente une nette accélération par rapport aux volumes actuels. Autre signal fort : l’inclusion explicite du « froid renouvelable » dans les objectifs de développement énergétique, une première législative qui répond à l’essor des besoins de climatisation durable.
Pour l’éolien, la priorité sera donnée au renouvellement des installations existantes.
Sur le plan industriel, les débats ont souligné l’importance de structurer une filière renouvelable souveraine. À travers les appels d’offres orientés et la montée en puissance des critères de résilience industrielle, le texte vise à favoriser l’implantation d’usines en France, notamment pour les panneaux photovoltaïques ou les éoliennes offshore. Le ministre de l’Industrie Marc Ferracci a salué un « signal fort et lisible pour les investisseurs », en annonçant que la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) serait publiée avant la fin de l’été.
Si certains élus ont regretté l’absence d’un moratoire sur l’éolien, les rapporteurs ont au contraire défendu une logique de complémentarité entre nucléaire, hydraulique et renouvelables. Loin des oppositions idéologiques, la loi trace les contours d’un mix énergétique diversifié, fondé sur la planification, la souveraineté industrielle et la compétitivité des filières.
Le texte doit désormais repasser devant l’Assemblée nationale, les 22 et 23 septembre, mais l’adoption sénatoriale marque un tournant dans la définition d’une stratégie énergétique équilibrée, où les énergies renouvelables ont toute leur place.





