La conférence de presse de rentrée du Syndicat des énergies renouvelables (SER) a fait salle comble. Autour de son président Jules Nyssen, et des vice-présidents Frédéric Coirier, Benjamin Haas et Vianney de l’Estang, l’organisation professionnelle a lancé un appel solennel aux pouvoirs publics : il est urgent de doter la France d’un cap énergétique lisible, cohérent et ambitieux.
Dans un contexte international de plus en plus tendu, marqué par la montée des rivalités géopolitiques autour des ressources stratégiques, le message est clair : l’énergie est devenue un enjeu central de souveraineté. « Le monde devient violent », a rappelé Jules Nyssen, citant l’analyste Zaki Laïdi, et la bataille pour la maîtrise des ressources est désormais engagée. À Davos, l’Union européenne semble prendre conscience de sa force collective. Pour le SER, la France doit s’inscrire pleinement dans cette dynamique.
Les chiffres sont sans appel. Selon The Shift Project, l’exposition énergétique de la France atteint 2 550 TWh, dont seulement un cinquième est produit sur le territoire national, et près de 70 % repose encore sur des énergies fossiles importées. Dans ce contexte, la décarbonation apparaît non seulement comme une exigence climatique, mais comme la clé de la souveraineté énergétique.
Or, souligne le SER, la France dispose de tous les atouts nécessaires. Une électricité abondante et largement décarbonée, des ressources de biomasse considérables grâce à son agriculture et à sa forêt, un sous-sol et un espace maritime riches en potentiel énergétique : « nous avons tout ce qu’il faut », insiste Jules Nyssen. Ce potentiel ne doit pas être bridé par ce qu’il qualifie de « triple illusion » : celle de ressources fossiles infinies, d’une disponibilité garantie malgré les tensions géopolitiques, et d’une capacité d’adaptation illimitée au réchauffement climatique.
Face à l’urgence, le président du SER interpelle directement le gouvernement. Il appelle Roland Lescure à publier rapidement la PPE3 sans la vider de sa substance, en maintenant des objectifs clairs pour le solaire, l’éolien et l’hydrolien. Il exhorte Monique Barbut à redonner de l’ambition à la SNBC3, notamment sur le gaz renouvelable et la valorisation énergétique de la biomasse. Il souligne enfin que cette politique nécessite un soutien budgétaire fort, comparé à juste titre aux investissements consentis pour la défense nationale.
En conclusion, Jules Nyssen s’adresse au Premier ministre Sébastien Lecornu : « Libérons la France des carcans dans lesquels le débat politique l’a enfermée. » Un appel à l’action, au nom de la souveraineté, de l’Europe et des générations futures.





