A San Francisco, une banque défraie la chronique. Son nom : La New Resource Bank. Financée à hauteur de 25 millions de dollars par des investisseurs volontiers précurseurs, elle est la première banque de détail créée autour d’un programme de financement et d’investissement strictement «vert ». L’ouverture de ces bureaux, conçus aux normes environnementales Leeds, intervient alors qu’un nombre croissant de grandes banques américaines incorporent doucement le risque écologique à leurs stratégies. « Elles examinent de plus en plus ces questions et réalisent que d’excellentes opportunités d’investissement abondent hors de leur modèle traditionnel », note une expert, coordinatrice de la campagne « Finance mondiale » lancée en 2000 par l’organisation Rainforest Action Network. Un objectif prioritaire de la campagne est de convaincre les banques de détourner leurs capitaux des projets écologiquement nuisibles et d’investir dans les énergies renouvelables.
Celles-ci ont attiré 38 milliards de dollars d’investissements en 2005, soit une croissance annuelle record de 30 %, selon l’organisation mondiale REN21 (Renewable Energy Policy Network) basée à Paris. Le cabinet d’études américain spécialisé Clean Edge anticipe une croissance globale d’environ 500 % pour l’éolien et le solaire d’ici à 2015 et de plus de 300 % pour les biocarburants. En France, une ouverture a eu lieu ces derniers mois. La Banque Populaire, qui offre depuis 1990 des prêts attractifs pour la rénovation écologique de l’habitat et des petites et moyennes entreprises en Alsace, a étendu son programme au reste de la France en mars dernier, imitée par le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel. La Caisse d’Epargne a rejoint le mouvement avec une originalité : des facilités de financement pour les voitures les moins polluantes. Reste que les plus grosses banques françaises, la Société Générale et BNP Paribas, sont encore à la traîne. Un peu d’audace messieurs les financiers !





