samedi, février 7, 2026
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« Les énergies renouvelables ne seront pas sacrifiées » assure Sébastien Lecornu à la filière

La filière française des énergies renouvelables a poussé un soupir de soulagement à l’issue de sa rencontre, vendredi, avec Sébastien Lecornu, consacrée à la future Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Après plusieurs semaines de fortes inquiétudes, marquées par la crainte d’un moratoire de fait ou de coupes drastiques dans les objectifs, le message délivré par Matignon se veut rassurant : les renouvelables ne seront pas sacrifiées.

Reçus pendant près de deux heures, les représentants des principales organisations professionnelles sont sortis « satisfaits » et « rassurés » de leurs échanges avec le chef du gouvernement. « Il n’y aura pas de moratoire ni de scénario moins-disant pour la filière », témoigne Daniel Bour, président d’Enerplan, le syndicat des professionnels du solaire, particulièrement préoccupé ces dernières semaines par les hypothèses de plafonnement des capacités photovoltaïques.

Les scénarios les moins ambitieux écartés

Selon les représentants de la filière, les scénarios de RTE les plus restrictifs pour le développement des énergies renouvelables ont été explicitement écartés. « C’était pour nous l’équivalent d’un moratoire », souligne Daniel Bour, évoquant les trajectoires les moins ambitieuses qui avaient nourri l’inquiétude du secteur.

Si le Premier ministre n’a pas dévoilé le détail des volumes de production ni le calendrier précis de publication de la PPE, il a en revanche donné un engagement clé : la relance des appels d’offres pour l’ensemble des filières renouvelables. Une annonce jugée essentielle par les professionnels, alors que l’absence de visibilité réglementaire pèse lourdement sur les investissements depuis près de deux ans.

Une PPE encore attendue sur le fond

Pour autant, les acteurs du secteur restent prudents. Les arbitrages précis de la PPE restent à connaître, notamment pour le solaire et l’éolien terrestre. Le ministre de l’Économie a déjà indiqué que certains objectifs pourraient être revus à la baisse, en raison d’une demande d’électricité inférieure aux prévisions initiales en France.

Cette lecture est toutefois contestée par une partie de la filière, qui anticipe un rebond de la consommation électrique à moyen terme. À l’échelle mondiale, l’Agence internationale de l’énergie prévoit une croissance moyenne annuelle de 3,6 % de la demande d’électricité d’ici à 2030. En France, la montée en puissance des data centers, de l’électrification des usages et de l’industrie pourrait rapidement modifier la trajectoire actuelle.

Un signal politique clair

Au-delà des chiffres, le message politique envoyé par Matignon est clair : les énergies renouvelables ne seront pas reléguées au second plan au profit du seul nucléaire, comme le réclamaient certains élus à droite de l’échiquier politique. Sébastien Lecornu assume par ailleurs de ne pas soumettre la PPE à un vote de soutien au Parlement, marquant une rupture avec la méthode de son prédécesseur.

La proposition de loi Grémillet, qui visait à renforcer le rôle du Parlement dans la définition de la stratégie énergétique, semble désormais abandonnée. En attendant la publication officielle de la PPE, la filière retient surtout une chose : le spectre d’un moratoire s’éloigne, même si l’ampleur exacte des ambitions reste à confirmer.

Article rédigé à partir d’éléments publiés par Les Échos (6 février 2026).

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