mercredi, mars 11, 2026
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Les Maisons solaires des Compagnons du devoir

Référence absolue en matière de savoir-faire artisanal, les Compagnons
du devoir n'en oublient pas pour autant le développement durable. En
2008, lors de leurs assises, ils ont signé une charte interne pour
développer une démarche écologique, entre économies d'énergie, isolation
et recours aux énergies renouvelables. Une cible relève de l'évidence :
Le solaire thermique au sein des maisons des Compagnons réparties à
travers la France. Reportage !

Les Compagnons du devoir comptent plus de quatre-vingt maisons dans
toute la France ce qui correspond à la bagatelle de 5100 lits pour une
surface totale de 234 000 m². Quand la décision fut prise de développer
le solaire thermique au sein de ces établissements, la maison de Nîmes
dans le Gard a été première de cordée. La raison en est simple. Cette
maison avait été dotée dès l'origine en 1969 d'une installation solaire
thermique qui méritait une profonde réfection. Appuyé par le bureau
d'études Tecsol et financé grâce au fonds chaleur coordonné par l'Ademe,
de jeunes compagnons se sont donc attelés à remettre à neuf cette
installation solaire frappée d'obsolescence. Une formation sur le tas
pour engranger de l'expérience !

De la pédagogie autour du solaire thermique

Plus au Nord, à Angers, les Compagnons possèdent deux maisons, l'une en
plein centre, l'autre sur le boulevard Copernic. Construite en 1969 et
réhabilitée en 1990 pour l'hébergement, la Maison des Compagnons
d'Angers « Copernic » comprend des salles de cours, des ateliers, une
bibliothèque, une salle à manger, des bureaux administratifs et des
chambres pour une capacité d'accueil de 97 jeunes. En 2011, le bâtiment a
été rénové entièrement et isolé par l'extérieur pour le rendre étanche à
l'air. « Nous avons également profité de refaire la chaufferie pour y
greffer du solaire » analyse Baudoin Sauvé, responsable du patrimoine
pour les Compagnons et ancien plombier chauffagiste. Le bureau d'études
Tecsol a là encore apporté son savoir-faire technique. 16 capteurs Eklor
de 2,3 m² unitaires ont donc été installés pour produire l'eau chaude
sanitaire des chambres et du restaurant. Sur un plan économique, le
montant du marché s'est élevé à environ 38 000 € HT avec une subvention
de l'Ademe de 12 163 €. « Cette plateforme solaire d'Angers a été conçue
pour que les jeunes puissent monter voir les dispositifs et les système
solaires. Nous avons sur Angers Copernic des visées pédagogiques. Nous
sommes d'ailleurs en train de constituer en France un pôle de formation
solaire au sein d'une cellule économie d'énergie » poursuit Baudoin
Sauvé.

En manque de financement

Dans la foulée d'Angers, une autre maison a ainsi été solarisée à La
Talaudière à quelques encablures de Saint-Etienne (voir encadré). En
tout donc, trois maisons des compagnons voient désormais leur eau
sanitaire chauffée au solaire. Avec de belles économies générées et
quelques tonnes d'émissions de CO2 évitées ! Avec plus de quatre-vingt
maisons, le potentiel est encore important. D'autant que la volonté
d'aller vers une démarche verte est bien présente chez les compagnons.
De nouveaux projets sont ainsi à l'étude, aux antipodes l'un de l'autre,
l'un dans le Nord à Lille, l'autre sur les bords de la Méditerranée à
Marseille. Et celle qui a le plus de se réaliser n'est pas forcément
celle que l'on croit. « Sur Lille, l'installation pourrait être peu
coûteuse. Il s'agit d'un projet solaire sur un immeuble de cinq étages
qui est coiffé par une grande terrasse sur laquelle est construit un
local technique. L'architecture est idéale pour implanter des panneaux
solaires à moindre frais. Nous sommes très regardant là-dessus car les
problèmes de financement prennent aujourd'hui le pas sur la réalisation
des projets avec en plus les aides qui diminuent avec le temps » avance
Baudoin Sauvé. Sur Marseille, même si la ressource est là, le projet
semble plus complexe et donc plus coûteux. « Un prédiagnostic a
également été réalisé sur la maison de Colomiers. Le dossier est déposé.
On en connaît le prix. La contrainte financière est hélas bel et bien
là » soupire le directeur du patrimoine.

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Un exemple concret avec la maison des compagnons de la Talaudière

Cette maison accueille un centre de formation et d'hébergement des
Compagnons du Devoir d'une capacité de 150 lits. Elle abrite également
une zone de bureau et de locaux administratifs. Une chaufferie centrale
assure la production d'énergie pour les besoins de chauffage et de
production d'eau chaude sanitaire. L'installation solaire avec des
capteurs implantés sur la toiture du bâtiment, a pour objet de se
substituer en partie à l'actuelle production d'eau chaude sanitaire
utilisant le gaz comme énergie. Une installation auto-vidangeable a été
mise en place. L'installation solaire est en fonctionnement depuis
juillet 2012.

Les données techniques
Application : Production d'eau chaude sanitaire
Surface de capteurs : 54 m² de capteurs plan type SKR500 de marque Sonnenkraft
Volume de stockage utile solaire : 3 000 litres (1 ballon)
Besoins annuels hors bouclage : 71 748 kWh
Apports solaires annuels : 34 031 kWh, 9 Tonnes d'équivalent CO2 évitées
par an (émission de CO2 = 220 gCO2 / kWh énergie finale).
Productivité solaire : 627 kWh/m².an
Energie substituée : gaz
Dates de mise en service : juillet 2012

Les données financières
Euros TTC
Aides ADEME 21 540€ 42 %
Région 10 223€ 20 %
Cumul d'aide 31 763€ 62 %
Autofinancement 19 237€ 38 %
Total investissement, y compris ingénierie 51 000€ 100 %

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2 Commentaires

  1. Moi aussi je veux bien faire une installation « exemplaire » si on me donne 62 % de subventions !
    C’est vrai que c’est tout de suite plus facile avec l’argent des autres…

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