dimanche, mars 1, 2026
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Les prix des modules solaires repartent nettement à la hausse en février

Après avoir touché un point bas en décembre dernier, les prix des modules photovoltaïques poursuivent leur remontée, et plus rapidement que prévu. Selon l’analyse de marché publiée fin février par pvXchange, sous la plume de son expert Martin Schachinger, l’augmentation constatée concerne désormais l’ensemble des technologies et s’est révélée plus marquée qu’anticipé.

En février, presque toutes les catégories de modules ont enregistré une hausse comprise entre 1 et 1,5 centime d’euro par watt-crête. Les produits destinés aux installations résidentielles et commerciales de petite taille ont vu leurs prix progresser davantage que les modules dédiés aux grands projets au sol. Résultat : la quasi-totalité des références dépasse désormais les niveaux observés en janvier 2025. Depuis le point bas de décembre, la hausse cumulée atteint déjà 15 à 18 %, sans que la spirale haussière ne montre de signe clair d’essoufflement.

Des hausses destinées à restaurer les marges

Fait notable, cette augmentation ne s’explique ni par une flambée des matières premières ni par une modification des subventions à l’exportation en Chine. Au contraire, les prix des wafers ont reculé au cours du mois, tandis que le cours de l’argent – composant clé des cellules photovoltaïques – poursuit sa normalisation. Selon pvXchange, ces ajustements tarifaires traduisent avant tout la volonté des fabricants de restaurer leurs marges après une longue période de pertes.

Les stratégies divergent : certains fournisseurs procèdent par hausses graduelles, d’autres optent pour des augmentations ponctuelles pouvant atteindre 20 à 30 %. Les industriels les plus exposés au segment des grandes centrales au sol se montrent plus prudents, l’équilibre économique des projets restant extrêmement sensible au coût des composants.

À l’inverse, dans le segment résidentiel et tertiaire, l’évolution des prix des modules tend davantage à comprimer les marges des installateurs qu’à freiner directement la demande finale. Reste que la manœuvre demeure audacieuse dans un contexte de marché globalement atone, où une contraction supplémentaire de la demande ne peut être exclue.

Un contexte politique et économique incertain

Parallèlement, le climat politique pèse sur le secteur. Aux États-Unis, l’administration Trump est accusée de freiner les politiques climatiques, tandis qu’en Allemagne, les premières orientations du « paquet réseau » du gouvernement fédéral suscitent des inquiétudes quant à d’éventuels retards dans le développement des réseaux et l’intégration des renouvelables.

Si un durcissement généralisé du cadre réglementaire paraît peu probable dans toute son ampleur, le signal envoyé au marché est déstabilisant. Pour la filière, l’heure est à la mobilisation. Organisations professionnelles et industriels sont appelés à formuler des contre-propositions et à défendre activement la dynamique de la transition énergétique.

Au-delà de la conjoncture tarifaire, c’est la solidité du modèle de croissance des renouvelables qui est en jeu. Face à ces turbulences, le secteur mise sur l’innovation et sur la complémentarité entre solaire, stockage et solutions de flexibilité pour maintenir le cap.

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