Le PDG d’EDF appelle à une plus grande sélectivité dans l’octroi des garanties publiques pour les projets de production électrique, face à l’explosion des demandes de raccordement, notamment dans le solaire.
Lors d’une récente intervention, le président-directeur général d’EDF, Luc Rémont, a lancé un appel à la vigilance sur les conséquences des politiques publiques actuelles de soutien à la production d’électricité. Si le cadre européen de soutien aux énergies bas carbone a été récemment stabilisé, notamment via la réforme du marché de l’électricité en 2023, l’explosion des projets solaires pose désormais la question de leur utilité réelle pour le système électrique.
« Nous entrons dans une phase de déséquilibre croissant entre production intermittente et production pilotable », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’évaluer le mérite de chaque projet de raccordement. En clair, selon lui, toutes les installations ne devraient pas bénéficier systématiquement d’une garantie publique de rémunération. Certaines, en particulier les nouvelles centrales solaires, injecteraient massivement de l’électricité à des heures où le réseau n’en a pas besoin, provoquant des prix de marché nuls ou négatifs.
Le patron d’EDF rappelle que dans de telles situations, ces installations continuent d’être rémunérées comme si elles produisaient, du fait des mécanismes de soutien publics. « On leur demande de se débrancher, tout en les payant comme si elles avaient produit. »
Luc Rémont appelle donc à une approche plus fine des aides, reposant sur la pertinence réelle des projets pour l’équilibre du réseau. Il défend également la neutralité technologique dans les dispositifs de soutien : « Ce principe fondamental permet à chaque pays de choisir les technologies les plus adaptées à son système. » Une exigence qu’il étend à d’autres secteurs émergents, comme l’hydrogène.





