mardi, mars 3, 2026
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Malgré l’urgence, le G7 velléitaire de l’action climatique

G7_SapporoLe G7 veut « accélérer » sa sortie des énergies fossiles. Mais sans injonction, ni contrainte de temps. Aucune date n’a donc été fixée pour cette échéance. Les pays du G7 affichent par ailleurs comme objectif d'atteindre la neutralité carbone énergétique d'ici 2050 « au plus tard ». La transition énergétique a semble-t-il du mal à passer pour les pays riches !

Les ministres de l'Energie, du Climat et de l'Environnement des pays industrialisés du G7 se sont engagés dimanche 16 avril dans un communiqué à « accélérer » leur « sortie » des énergies fossiles dans tous les secteurs, mais sans se fixer une nouvelle échéance. Ce nouvel objectif, annoncé dans un communiqué commun à l'issue d'une réunion ministérielle du G7 sur le Climat qui se tient depuis samedi à Sapporo (Japon), ne concerne pas les énergies fossiles assorties de dispositifs de capture et de stockage du CO2.

Des négociations peu évidentes et tendues sur la sortie du charbon

Les pays du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Canada) s’entêtent à marteler que cet objectif s'inscrit dans leurs efforts pour atteindre la neutralité carbone énergétique d'ici 2050 « au plus tard ». Dans leur communiqué, les ministres du G7 s'engagent ainsi à produire collectivement 150 gigawatts d'électricité en plus grâce aux parcs éoliens en mer d'ici à 2030, et à porter la capacité de production des panneaux solaires à plus d'un térawatt. "Nous allons augmenter drastiquement l'électricité produite grâce aux énergies renouvelables", disent-ils. L'an dernier, le G7 s'était déjà engagé à décarboner majoritairement son secteur de l'électricité d'ici 2035, un objectif reconfirmé ce 16 avril.

Reste qu’au sein de l’amphithéâtre japonais, les négociations sont demeurées tendues et difficiles tout au long du week-end. Les arguments dirimants ont succédés aux volontés dilatoires. Résultat : le G7 n'est pas parvenu à s'engager spécifiquement sur une date de sortie du charbon pour leur génération d'électricité, alors que le Royaume-Uni, soutenu par la France, avait proposé l'échéance de 2030. La dépendance au charbon reste d’actualité alors que l’Allemagne vient de fermer ce week-end ses trois derniers réacteurs nucléaires. La décision de sortir de l'ensemble des énergies fossiles marque néanmoins une « avancée forte », a confié la ministre française de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher « C'est un point d'appui important pour pouvoir élargir cette approche » au G20 en Inde et à la conférence de l'ONU sur le climat (COP28) de Dubaï en fin d'année », a-t-elle estimé, tout en admettant que ces futures négociations mondiales « ne vont pas être évidentes ».

100 milliards de dollars par an pour les pays émergents

Et pourtant, les signaux d’alerte ne manquent pas. Les défenseurs du climat attendaient des actes forts et des actions volontaristes lors de sommet notamment  après le dernier rapport de synthèse très préoccupant du Giec, sorti en mars dernier. Selon le Giec, le réchauffement de la planète causé par l'activité humaine atteindra 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle dès les années 2030-2035. Ce qui met encore plus en péril l'objectif de l'accord de Paris de 2015 de limiter la hausse des températures à ce niveau, ou du moins bien dessous de 2°C. Le G7 a aussi réaffirmé dimanche son engagement, à travailler en partenariat avec les autres pays développés, à rassembler 100 milliards de dollars par an pour les pays émergents contre le réchauffement climatique, une promesse datant de 2009 et qui devait initialement être tenue dès 2020. Sur ce point, le G7 n’est pas non plus au rendez-vous et fait preuve d’impudence et de cynisme.

Les pays émergents ne sont-ils pas les premiers à être impactés lourdement par les changements climatiques générés par les émissions des gaz à effet de serre fruit des activités intensives et polluantes les pays riches ? Où les déplacés climatiques se comptent désormais en millions chaque année à cause d’événements météorologiques extrêmes et que les bilans en vies humaines ne cessent de s’alourdir. Sur ce point, un sommet pour améliorer l'accès aux financements des pays en développement en matière climatique, un point sensible et crucial pour une réussite de la COP28, est notamment prévu fin juin à Paris. Un sommet pour trouver 100 milliards de dollars par an ! Et pendant ce temps, la bourse de Paris affiche avec insolence record sur record notamment grâce aux géants du luxe mondialisés …

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