mardi, février 24, 2026
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Modulation nucléaire : le Rassemblement national accuse, le gouvernement contre-attaque

À l’occasion des questions au Gouvernement, l’échange entre Maxime Amblard (Rassemblement national) et Roland Lescure, ministre de l’Économie et de l’Énergie, a donné lieu à une passe d’armes particulièrement tendue autour de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) et de la question sensible de la modulation du parc nucléaire.

Le député RN a d’abord dénoncé la publication tardive d’un rapport d’EDF consacré à la modulation des réacteurs, estimant qu’il confirmait les alertes formulées par son groupe « depuis des années ». Selon lui, l’augmentation des capacités éoliennes et photovoltaïques conduirait mécaniquement à accroître la modulation du parc nucléaire – c’est-à-dire l’adaptation de la puissance des réacteurs à la demande – entraînant davantage d’arrêts, des contraintes thermiques et mécaniques accrues et, in fine, une usure prématurée des installations.

Maxime Amblard a surtout accusé le gouvernement de ne pas avoir tiré les conséquences de ce rapport dans la PPE3. Il reproche au texte de ne consacrer qu’un « pauvre petit paragraphe » à la modulation, et de minimiser les différences entre la modulation planifiée des années 1980-1990 et la modulation « contrainte et infrajournalière » actuelle. Le député évoque en outre une partie manquante du rapport relative à l’impact économique de cette évolution, affirmant que les coûts se chiffreraient en « dizaines de milliards d’euros », venant s’ajouter aux subventions déjà versées aux énergies intermittentes. Sa conclusion, offensive, accuse l’exécutif de faire « exploser la facture d’électricité des Français » et interroge le ministre sur sa « sincérité ».

En réponse, Roland Lescure a qualifié la question de « malhonnête », accusant le député de « raconter n’importe quoi » et de multiplier les procès d’intention. Le ministre a rappelé qu’un débat parlementaire sur le décret était prévu le 25 mars devant les commissions compétentes, soulignant qu’une éventuelle censure du gouvernement compromettrait ce débat.

Sur le fond, il a défendu la modulation comme une pratique ancienne, déjà présente lors du lancement du programme électronucléaire dans les années 1970-1980. Assumant une stratégie d’investissement massif à la fois dans le nucléaire et dans les énergies renouvelables, il a revendiqué un choix de « souveraineté » et d’industrialisation nationale. Répliquant aux critiques du RN sur les délais et les coûts, il a ironisé sur les appels de certains élus à confier la construction de réacteurs à des acteurs coréens, américains ou chinois, réaffirmant la volonté du gouvernement de privilégier une filière française, au service d’une énergie « décarbonée, souveraine et industrielle » pour les décennies à venir.

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