Par Muryel Jacque. Dans la dernière ligne droite avant le scrutin, la guerre en Iran fait ressurgir cet enjeu crucial, resté jusqu’alors discret dans les débats. Quelques sujets brûlants pourraient aussi marquer le prochain mandat, comme les data centers et un projet de méga centrale vapeur.
C’est une irruption surprise dans la campagne. Le déclenchement de la guerre en Iran, deux semaines avant les municipales, a fait surgir les enjeux liés à l’énergie, loin d’occuper jusqu’alors le devant de la scène électorale. La flambée des cours du pétrole du gaz et la crainte d’un conflit long ravivent le spectre de factures énergétiques qui s’envolent et d’une vague inflationniste comme celle qui avait suivi l’invasion de l’Ukraine en 2022. Dans certaines communes, le souvenir est vif de piscines contraintes de fermer, de copropriétés arrêtant de se chauffer ou de faillites de commerces.
Dans les stations-service, l’inquiétude monte. Si le prix à la pompe n’est pas du ressort des maires, « les collectivités peuvent agir sur la dépendance à la voiture, notamment sur l’aménagement du territoire et la configuration de l’espace pour les transports en commun, le vélo, la marche… », souligne Thomas Hemmerdinger, directeur du département énergie et climat de l’Institut Paris Région, l’Arec.
A l’aube d’un nouveau mandat, le conflit remet ainsi en lumière une question de fond : comment accélérer la décarbonation, pointe-t-il, rappelant que « s’affranchir des énergies fossiles et passer à des renouvelables et au bas carbone, notamment à travers l’électricité, c’est gagner en souveraineté. Sinon, on est condamné à subir crise sur crise ». Pour le chauffage, « ça veut dire accompagner la rénovation énergétique et des transitions comme les réseaux de chaleur décarbonés ou les pompes à chaleur ».





