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Nucléaire: François Hollande répond à Nicolas Sarkozy

Hollande-François« Le rôle de la politique, ce n’est pas de faire peur pour ne rien changer, c’est de changer pour vaincre la peur. Ce n’est pas de prolonger le passé, c’est d’engager le futur », déclare François Hollande, candidat du Parti socialiste pour la présidentielle 2012, dans une tribune publiée dans l’édition du 29 novembre 2011 du « Monde », intitulée « Réussir la transition énergétique. Un impératif économique, social et écologique ». Il s’exprime alors que le président de la République Nicolas Sarkozy a fait un déplacement sur le site de la centrale d’Areva-Tricastin (Vaucluse), vendredi 25 novembre, où il a confirmé son intention de « conforter durablement la filière nucléaire française » et où il a mis en garde contre la tentation de « revenir à l’époque du Moyen Âge » ( voir brève du 26 Novembre).

Le président du conseil général de Corrèze s’exprime aussi deux semaines après que son parti a validé l’ « accord politique de majorité parlementaire » avec EELV (Europe Ecologie-Les Verts), qui prévoit la fermeture progressive de 24 réacteurs nucléaires et qui a été contesté par la candidate d’EELV Eva Joly.

Le candidat socialiste dit qu’il ouvrira « au lendemain de l’élection présidentielle » un « grand débat sur l’énergie en France associant largement les acteurs et les citoyens, dont le Parlement fixera la conclusion par le vote d’une loi de programmation de la transition énergétique ». « Ce débat mérite mieux que la caricature, l’outrance, l’aveuglement, voire le mensonge. Je suis convaincu que les Français se rassembleront davantage sur cette stratégie équilibrée, ambitieuse et protectrice que sur la défense de schémas périmés ou incantatoires. »

INDÉPENDANCE, SÉCURITÉ, EMPLOI, POUVOIR D’ACHAT

« La France doit réussir la transition énergétique » car celle-ci est « une opportunité économique » qu’il faut « saisir », estime François Hollande. « Il s’agit de sortir progressivement du tout-pétrole pour les transports et du tout-nucléaire pour l’électricité » en respectant « quatre principes : l’indépendance, la sécurité, l’emploi et le pouvoir d’achat ».

Pour cela, le candidat à la présidentielle a comme « premier objectif » la « diversification de nos sources d’énergie ». Pour cela, le modèle électronucléaire doit « se moderniser et s’adapter » : « Les centrales lancées à la fin des années soixante-dix seront en fin de vie dans les quinze prochaines années. Des investissements importants devront y être consacrés pour éventuellement les prolonger, sachant que les exigences en matière de sécurité en élèveront le coût, sans oublier la question lancinante du stockage des déchets. »

L’élu socialiste prend « quatre engagements » pour « le prochain quinquennat » : « La plus ancienne de nos centrales – Fessenheim – sera arrêtée ; le chantier de Flamanville – avec le nouveau réacteur EPR – sera conduit à son terme ; le système de retraitement des déchets et la filière qui l’accompagne seront préservés ; aucune autre centrale ne sera lancée durant ce mandat. » Et il réitère sa volonté de « réduire à l’horizon 2025 la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 % à 50 % et à faire monter celle des énergies renouvelables, tout en maîtrisant [la] consommation », alors que Nicolas Sarkozy a estimé lors de son discours de la semaine dernière que les énergies renouvelables n’avaient « pas vocation à se substituer au nucléaire ».

« POLITIQUE CHAOTIQUE DU GOUVERNEMENT » SUR LES RENOUVELABLES

« Si nous ne faisons rien, notre retard en matière d’énergies renouvelables s’accentuera, d’autant que la politique chaotique du gouvernement depuis cinq ans a encore aggravé notre écart de performance avec nos pays voisins, notamment l’Allemagne (230 000 emplois contre 40 000 en France) », poursuit François Hollande qui fait référence aux modifications réglementaires qui ont touché les industries photovoltaïque et éolienne. Il évoque également « les difficultés d’Areva, provoquées par un affaiblissement financier, voire un démantèlement organisé par le pouvoir, [qui] ont nui à l’investissement dans les énergies nouvelles ».

S’agissant de l’industrie nucléaire, « loin d’être affaiblie », elle « sera à plusieurs titres sollicitée, et donc renforcée » par le programme socialiste : « Elle aura à intervenir sur les centrales les plus anciennes, à être exemplaire en matière de démantèlement et à poursuivre les recherches sur les énergies de demain, tout en garantissant la sécurité absolue de chaque site de production. »

Le « second objectif » du candidat à l’élection présidentielle est de « promouvoir une société de sobriété énergétique », en agissant en « priorité sur le bâti ».

S’agissant du prix de l’énergie, alors que le président de la République souhaite maintenir « l’accès à une énergie peu chère », François Hollande souhaite dire « la vérité » qui est selon lui que « quel que soit le scénario autour de la part du nucléaire, il aura tendance à s’élever en raison du renchérissement des énergies fossiles et de l’ampleur des investissements à engager sur les centrales comme sur les énergies renouvelables ». Pour y faire face, le socialiste « propose des mesures de protection des consommateurs avec un tarif de base pour l’essentiel et un tarif progressif pour le confort ».

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1 COMMENTAIRE

  1. Question compétitivité.
    Un réacteur nucléaire à un taux de charge moyen de 75% en France ( http://energeia.voila.net/nucle/france_58_reacteurs.htm ) soit six fois plus qu’un panneau solaire photovoltaïque ( taux de charge 12% ).
    Le coût de construction des nouveaux réacteurs nucléaires est en moyenne de 4.000 euros le kW selon la banque d’investissement UBS ( http://energeia.voila.net/nucle/reacteurs_trop_chers.htm ).
    Si le coût d’un système photovoltaïque est six fois moins cher qu’un réacteur nucléaire, donc à 650 à 700 euros le kW (0,65 à 0,70 euro le watt de puissance), le solaire devient plus compétitif que le nucléaire.
    Ce qui est d’autant plus intéressant que c’est sans danger, cela peut être consommé sur place (installations sur des toits d’usines, de centre commerciaux, d’écoles … ) et c’est facilement recyclable en fin de vie ( http://www.pvcycle.org ).
    L’énergie dépensée pour fabriquer, installer, démonter et recycler un panneau photovoltaïque est récupérée en trois ans à Paris ( deux à Marseille) et fourni dix fois plus d’électricité qu’elle n’en a consommé pour sa fabrication (quinze fois à Marseille).
    Etude internationale ici : http://www.eupvplatform.org/fileadmin/Documents/Brochure-indicateurs_26_pays.pdf
    En Allemagne, la parité réseau est déjà atteinte en partie à ce jour ( http://energeia.voila.net/solaire/parite_reseau.htm ) et le sera en totalité dans deux ans, pour tous les tarifs résidentiels et pour toutes les installations photovoltaïques.

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