mercredi, janvier 7, 2026
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Nucléaire, renouvelables, stockage : dépasser les clivages pour accélérer l’électrification pendant le Forum Energaïa

Lors de la conférence organisée par Tecsol pendant le Forum Energaïa en décembre dernier, les échanges ont mis en lumière un constat largement partagé par les intervenants : la transition énergétique française reste trop souvent enfermée dans un débat binaire opposant nucléaire et énergies renouvelables, au détriment de l’enjeu central, celui de la sortie des énergies fossiles.

Interpellant les intervenants, David Augeix, développeur engagé de longue date dans les énergies renouvelables, a souligné le caractère « très franco-français » de cette opposition. « Le vrai sujet n’est pas électricité contre électricité, mais électricité contre pétrole », a-t-il insisté, rappelant que, à l’échelle mondiale, le nucléaire ne représente qu’une part marginale des émissions, tandis que le pétrole demeure la principale source de dépendance énergétique et de gaz à effet de serre.

Un point largement partagé par les experts présents. Plusieurs ont rappelé que, malgré les discours politiques parfois hostiles, les énergies renouvelables poursuivent leur essor à l’international, y compris dans des territoires réputés conservateurs. Aux États-Unis, par exemple, le développement du solaire et de l’éolien se poursuit à un rythme soutenu, indépendamment des postures idéologiques. La réalité économique et physique finit par s’imposer.

Mais au-delà du débat de principe, les discussions ont surtout mis en lumière une faiblesse structurelle du système électrique européen : le manque de flexibilité. Aujourd’hui, des capacités de production décarbonées — nucléaires comme renouvelables — sont sous-utilisées ou bridées, tandis que des centrales fossiles continuent d’être mobilisées pour passer les pointes de consommation. En France, comme chez ses voisins, les prix négatifs conduisent à l’écrêtement de la production renouvelable, alors même que des térawattheures d’électricité fossile sont encore produits.

Dans ce contexte, le stockage apparaît comme la « pièce manquante du puzzle ». Plusieurs intervenants ont plaidé pour un grand plan de développement des batteries, capable de réduire la modulation du nucléaire, d’absorber les surplus renouvelables et d’éviter le recours aux centrales thermiques. Grâce à sa position centrale dans le réseau européen et à ses fortes capacités d’interconnexion, la France dispose, selon eux, d’un atout stratégique comparable à celui exploité par la Suisse avec l’hydraulique de pompage-turbinage.

Les échanges ont également abordé le rôle du financement citoyen. Loin de toute opposition avec les acteurs industriels, les participants ont défendu une complémentarité entre projets portés par les territoires et expertise des professionnels. Si les initiatives citoyennes témoignent d’un engagement remarquable, elles se heurtent souvent à des obstacles réglementaires et juridiques considérables, dans un contexte de forte complexité administrative.

En conclusion, les intervenants ont appelé à dépasser les antagonismes pour bâtir des modèles combinant autoconsommation, stockage, renouvelables et infrastructures existantes. Une condition indispensable pour réduire durablement la facture énergétique fossile — encore estimée à près de 60 milliards d’euros par an — et redonner une vision cohérente à la transition énergétique française.

Pour visualiser l’ensemble de la conférence

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