À l’occasion du salon Open Energies, organisé récemment à Lyon, Clara Trevisiol, présidente du syndicat Aura Digital Solaire, a dressé un état des lieux lucide mais résolument tourné vers l’avenir de la filière photovoltaïque régionale. Interviewée par Jean-Louis Busquet pour Plein Soleil et Tecsol-Quotidien, elle a évoqué les difficultés conjoncturelles du secteur tout en mettant en avant les transformations profondes à l’œuvre.
Une filière régionale bien représentée
Installé sur le pavillon d’Aura Digital Solaire, le syndicat régional rassemble aujourd’hui 135 entreprises représentant près de 13 000 emplois en région Auvergne-Rhône-Alpes. « Nos adhérents sont bien présents sur le salon », souligne Clara Trevisiol, signe d’une filière qui reste mobilisée malgré un contexte jugé « compliqué ».
Le salon Open Energies constitue en effet un moment important de rencontres pour les entreprises du secteur, qui viennent y présenter leurs solutions et échanger sur les évolutions du marché.
Un contexte économique marqué par l’incertitude
La présidente du syndicat rappelle que l’incertitude réglementaire des derniers mois a pesé sur les entreprises de la filière. Une enquête menée par Aura Digital Solaire juste avant la publication de la nouvelle programmation énergétique montrait qu’un peu moins de la moitié des entreprises envisageaient des suppressions de postes ou des restructurations pouvant atteindre jusqu’à 15 % de leurs effectifs.
« L’absence de visibilité a eu un impact réel sur les acteurs de la filière. Tout le monde est un peu en souffrance », observe Clara Trevisiol, tout en soulignant la capacité d’adaptation des entreprises du secteur.
Le solaire entre dans l’ère du numérique
Au-delà de ces difficultés conjoncturelles, la filière connaît une transformation rapide de ses métiers. « Aujourd’hui, on voit très peu de panneaux mais beaucoup d’intelligence », résume la présidente d’Aura Digital Solaire.
Le développement du photovoltaïque repose désormais de plus en plus sur des solutions technologiques permettant d’optimiser la production et la consommation d’électricité. Cette évolution explique d’ailleurs la présence du terme « digital » dans le nom du syndicat.
L’autoconsommation au cœur des nouveaux modèles
Avec la diminution progressive des subventions publiques, le secteur doit s’orienter vers des modèles économiques autonomes. L’autoconsommation devient ainsi un levier majeur du développement du solaire : produire de l’électricité non plus seulement pour la vendre, mais pour la consommer localement.
Cette évolution implique le recours à de nouveaux outils : solutions de monitoring, pilotage intelligent des installations, flexibilité énergétique ou encore stockage. Les modèles d’affaires évoluent également avec l’essor de l’autoconsommation collective, patrimoniale ou encore des dispositifs de stockage virtuel permettant de valoriser les surplus d’électricité.
Une énergie compétitive et rapidement déployable
Pour Clara Trevisiol, cette mutation confirme la maturité économique du solaire. « C’est une énergie compétitive, rapidement déployable et sur laquelle il faut parier », affirme-t-elle.
Si la filière traverse une période d’ajustement, l’émergence d’un écosystème plus numérique et plus intelligent ouvre selon elle de nouvelles perspectives pour le développement du photovoltaïque dans les années à venir.





