Confronté à une crise énergétique récurrente et à une forte dépendance aux importations de combustibles fossiles, le Pakistan voit dans le solaire un levier stratégique pour desserrer l’étau. Selon une récente analyse du think tank Ember, la montée en puissance du photovoltaïque a déjà permis de réduire sensiblement les importations de combustibles destinés à la production d’électricité, offrant un répit bienvenu dans un contexte économique sous tension.
Le pays est particulièrement vulnérable aux fluctuations des prix internationaux de l’énergie. Le gaz naturel liquéfié (GNL) et le pétrole pèsent lourdement sur sa balance commerciale, aggravant les déséquilibres macroéconomiques. Dans ce contexte, le développement rapide du solaire, notamment à travers des installations distribuées et des projets de grande taille, contribue à substituer une partie de la production thermique importée.
Un effet immédiat mais partiel
Cette progression du solaire s’est traduite par une baisse de la production électrique à partir de combustibles fossiles, réduisant ainsi la facture énergétique du pays. Le Pakistan illustre ainsi la capacité des énergies renouvelables à répondre rapidement à des crises d’approvisionnement.
Toutefois, cet impact reste encore limité à la production d’électricité. Or, une part importante de la consommation énergétique nationale demeure dépendante du pétrole et du gaz, en particulier dans les transports et l’industrie.
L’électrification, prochain levier décisif
Pour amplifier les bénéfices du solaire, Ember souligne la nécessité d’accélérer l’électrification des usages. Le recours accru à l’électricité pour les transports, le chauffage ou certains procédés industriels permettrait de réduire plus fortement les importations d’énergies fossiles.
Le Pakistan dispose pour cela d’un potentiel important, notamment grâce à la baisse continue des coûts du solaire. Mais cette transition suppose des investissements dans les infrastructures et une vision de long terme.
Des réseaux à moderniser
Autre défi majeur : l’organisation du système électrique. Les réseaux restent fragiles et peu interconnectés, limitant l’intégration optimale des énergies renouvelables. Le développement de réseaux plus flexibles, ainsi que des interconnexions régionales, pourrait améliorer la stabilité du système et maximiser l’utilisation de l’électricité solaire.
Une opportunité à saisir
Le cas du Pakistan montre que le solaire peut jouer un rôle clé pour atténuer les crises énergétiques. Mais il met également en lumière les limites d’une approche centrée uniquement sur la production électrique. Pour transformer l’essai, le pays devra engager une mutation plus profonde, combinant déploiement massif du solaire, électrification des usages et modernisation des réseaux.
Une trajectoire exigeante, mais indispensable pour sortir durablement de la vulnérabilité énergétique.





