vendredi, février 20, 2026
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Photovoltaïque en toitures : les entreprises locales sous la menace d’un coup d’arrêt brutal

Alliance TerritoiresL’Alliance Solaire des Territoires alerte sur un risque majeur pour la filière photovoltaïque française. Selon des informations publiées par GreenUnivers, les services de l’État envisageraient une forte réduction des volumes d’appels d’offres pour les projets de 100 à 500 kWc sur toitures et ombrières, passant de 1 400 MW à 768 MW par an pendant deux ans. Une décision qui s’apparenterait à un moratoire déguisé, avec des conséquences directes sur l’emploi, les collectivités et la dynamique de transition énergétique dans les territoires.

Une remise en cause brutale d’une filière en plein essor

Avec 2 GWc installés en 2024 sur ce segment, les projets de taille intermédiaire sur toitures d’écoles, de bâtiments publics, de hangars agricoles ou d’ombrières de parking, ont généré plus de 2 milliards d’euros d’investissement local. Ce modèle, qui repose largement sur l’engagement des collectivités, des PME et du monde agricole, est à la fois mature, accepté localement et rapide à déployer.

Or, la réduction drastique des volumes envisagée par l’État pourrait entraîner une division par quatre de l’activité pour les entreprises du secteur. Aujourd’hui, 500 sociétés françaises, pour la plupart des TPE/PME, travaillent sur ce segment, représentant plus de 30 000 emplois répartis sur l’ensemble du territoire.

L’appel à la cohérence du gouvernement… ignoré ?

Le 8 juillet 2025, lors de l’adoption au Sénat de la proposition de loi Gremillet sur l’accélération des énergies renouvelables, le ministre de l’Industrie et de l’Énergie Marc Ferracci a lui-même mis en garde contre tout coup d’arrêt au développement des renouvelables, évoquant une « catastrophe sociale » à venir. Pourtant, les mesures évoquées vont à l’encontre de cette alerte.

L’Alliance dénonce un choix incohérent, consistant à réduire brutalement l’activité pendant deux ans pour ensuite demander à la filière de redémarrer en urgence et doubler sa production. Une stratégie « à coups de frein et d’accélérateur » jugée incompatible avec les exigences de planification, de formation et de structuration industrielle nécessaires à la réussite de la transition énergétique.

Une dynamique territoriale menacée

En 2024, plus de 5 GW de demandes de raccordement ont été enregistrées sur ce segment, illustrant l’appétence des acteurs locaux pour ces projets visibles, concrets, et porteurs de valeur ajoutée directe pour les territoires. Les recettes fiscales générées, comme les 5 millions d’euros d’IFER versés aux collectivités, témoignent aussi de l’intérêt économique de ce modèle.

La filière rappelle qu’elle a su faire preuve de responsabilité en acceptant de vendre sur le marché de l’électricité, sans soutien systématique, et appelle aujourd’hui à une trajectoire stable, lisible et équitable, prenant en compte les spécificités régionales et l’équilibre entre production et acceptabilité.

« On ne construira pas un mix énergétique solide avec des décisions erratiques », conclut l’Alliance, qui rassemble les acteurs régionaux du solaire tel que AFCB Solaire, Atlansun, AuRA Digital Solaire, Cap à l’Est, CD2E, Pôle de compétitivité DERBI – CEMATER et Normandie Énergies

Téléchargez le communiqué d' ALLIANCE SOLAIRE DES TERRITOIRES

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