En conclusion de la Conférence Nationale Photovoltaïque, qui s’est tenue à Paris le 1er décembre dernier, André Joffre, président de Tecsol, a livré une intervention dense et volontaire, mêlant retour d’expérience, analyse des marchés électriques et prospective énergétique. Un discours résolument optimiste sur l’avenir du solaire, mais lucide sur les défis à venir.
Revenant sur la genèse de l’autoconsommation en France, André Joffre a rappelé que ce qui apparaît aujourd’hui comme une évidence a été le fruit d’un long combat administratif et politique. Dès 2014, alors que l’idée suscitait peu d’enthousiasme au sein des services de l’État, il a fallu des années, une ordonnance présidentielle en 2016 puis sa ratification parlementaire en 2017, pour poser les bases juridiques de l’autoconsommation. Un chemin semé d’embûches, qui explique encore aujourd’hui certaines lourdeurs réglementaires, notamment en autoconsommation collective.
Abordant ensuite la question des prix négatifs de l’électricité, André Joffre a tenu à déconstruire certaines idées reçues. Le photovoltaïque n’en est pas l’unique responsable. La modulation insuffisante du nucléaire, les contraintes techniques du parc existant et un phénomène désormais européen expliquent largement ces situations. Pour y répondre, le couplage du photovoltaïque avec le stockage apparaît comme une solution centrale, d’autant plus que les coûts des batteries poursuivent une baisse rapide, plus encore que celle observée dans le solaire.
Le président de Tecsol a également mis en avant une opportunité majeure : le « revamping » des installations arrivant en fin de tarif d’achat à partir de 2026-2027. Ces sites disposent déjà d’un raccordement, devenu une ressource rare et précieuse. En augmentant significativement la puissance installée et en y adossant du stockage, il devient possible de fournir une électricité plus régulière, mieux valorisée par le réseau.
Mais l’élément le plus structurant de son intervention concerne l’irruption massive de l’intelligence artificielle dans les équilibres énergétiques mondiaux. Data centers, puces toujours plus puissantes, besoins en refroidissement : la demande électrique liée à l’IA explose. Aux États-Unis, certains projets sont déjà bloqués faute de capacité disponible. Selon plusieurs analyses, des dizaines de gigawatts manqueront à l’horizon 2028.
Dans ce contexte, André Joffre estime que l’électricité va devenir une ressource de plus en plus disputée, tirant mécaniquement les prix vers le haut. Une évolution qui renforce, selon lui, la pertinence économique des projets photovoltaïques, en particulier lorsqu’ils intègrent du stockage.
Enfin, André Joffre a conclu en rappelant l’engagement citoyen porté par la Fédération Future, cofondée avec Bertrand Piccard, et l’initiative Sol Solidaire, destinée à lutter contre la précarité énergétique. Deux démarches qui illustrent, selon lui, la vocation du solaire : une énergie compétitive, résiliente et profondément sociale.





