La réforme de l’arrêté tarifaire S21, entrée en vigueur fin mars 2025, a fait l’effet d’un électrochoc dans la filière solaire. En réduisant de manière brutale les aides à la revente d’électricité et la prime à l’installation pour les petites centrales photovoltaïques, le gouvernement entend clairement orienter le marché vers l’autoconsommation. Mais cette évolution soulève autant d’espoirs que d’inquiétudes.
Invités du podcast Connexion de Green Univers, Laetitia Brottier, vice-présidente d’Enerplan, et Cédric Boissier, directeur du projet « Accélération des ENR » chez Enedis, ont partagé leurs analyses.
« L’autoconsommation n’est pas une nouveauté, elle est déjà la norme pour une grande majorité des 250 000 installations annuelles », rappelle Cédric Boissier. Mais l’arrêt soudain de certaines aides pose problème. « On attendait une transition plus progressive. Il y a un vrai flou entre la baisse des aides et la baisse de la TVA prévue en octobre », déplore Laetitia Brottier.
Ce changement rebat les cartes. Les particuliers sont incités à maximiser leur taux d’autoconsommation — viser 60 % au lieu de 40 % — et à explorer de nouvelles solutions : stockage par batterie, offres « plug and play », autoconsommation collective entre voisins… Autant de modèles émergents qui pourraient redessiner le paysage du solaire résidentiel.
Du côté d’Enedis, gestionnaire du réseau, le défi est d’absorber cette croissance tout en anticipant les besoins. « Nous investissons massivement : 96 milliards d’euros d’ici à 2040, dont 900 millions dès cette année pour les seuls raccordements d’ENR », souligne Cédric Boissier. Avec plus de 3000 recrutements annuels et un tissu industriel en expansion, l’entreprise se prépare à un futur de plus en plus électrifié.
Le stockage, levier clé de cette transformation, connaît aussi un essor rapide. Si la France reste en retard par rapport à d’autres pays européens, les batteries deviennent plus abordables et mieux intégrées. « On voit arriver des services innovants, comme le pilotage de batterie par les fournisseurs d’énergie », observe Laetitia Brottier. Autre piste d’avenir : la recharge bidirectionnelle via les véhicules électriques (Vehicle-to-Grid), qui pourrait offrir un réservoir de flexibilité précieux au système électrique.
Mais pour aller plus loin, la filière réclame de la visibilité. Le report de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), qui devait tracer la feuille de route du secteur, fragilise les plans. « Nous avons besoin d’un cap clair et stable pour orienter nos investissements », insiste Cédric Boissier.
En dépit des incertitudes, l’autoconsommation s’impose donc comme une formidable opportunité pour décentraliser et démocratiser l’énergie solaire. À condition que les politiques publiques suivent.
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