mercredi, février 4, 2026
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Pour les analystes européens, le nucléaire est une industrie « morte »: l’UE appelée à miser sur les renouvelables

L’industrie nucléaire européenne serait arrivée en fin de cycle. C’est le constat sans détour dressé par plusieurs analystes interrogés par Montel, qui estiment que l’Union européenne devrait désormais concentrer ses efforts sur les énergies renouvelables, le stockage par batteries et la gestion de la demande, plutôt que de tenter de relancer un secteur nucléaire jugé structurellement en difficulté.

Ces déclarations interviennent dans un contexte particulier, alors que le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a récemment mis en garde contre un risque de déficit de capacités électriques en Europe. Une alerte qui relance régulièrement le débat sur le rôle du nucléaire dans la sécurité d’approvisionnement du continent.

Des projets nucléaires trop lents et trop coûteux

Pour les experts interrogés, le problème du nucléaire ne tient pas à son rôle théorique dans la production bas carbone, mais à sa réalité industrielle. Les nouveaux projets de centrales sont caractérisés par des délais de construction très longs, des dérives de coûts majeures et des risques financiers élevés, incompatibles avec l’urgence climatique et énergétique.

À l’inverse, les énergies renouvelables — solaire et éolien en tête — offrent des délais de déploiement rapides, des coûts en forte baisse et une modularité permettant d’adapter les investissements aux besoins locaux. « Le nucléaire ne peut pas répondre à court ou moyen terme aux besoins de capacité de l’Europe », résume un analyste cité par Montel.

Stockage et flexibilité au cœur du nouveau système électrique

Plutôt qu’un retour en force du nucléaire, les analystes plaident pour une transformation structurelle du système électrique européen, reposant sur un triptyque : renouvelables, stockage et flexibilité. Les batteries, le pilotage de la demande et les réseaux intelligents sont présentés comme des leviers essentiels pour intégrer une part croissante de production intermittente tout en garantissant la stabilité du système.

Cette approche permettrait également de réduire la dépendance aux importations d’énergie, de renforcer la résilience des réseaux et de mieux absorber les pics de consommation liés à l’électrification des usages, notamment dans les transports et l’industrie.

Un choix politique autant qu’économique

Derrière le débat technologique se cache un choix politique majeur pour l’Union européenne. Continuer à soutenir le nucléaire impliquerait des engagements financiers publics considérables sur plusieurs décennies, avec des retombées industrielles incertaines. À l’inverse, l’accélération des renouvelables s’appuie sur des filières déjà matures, créatrices d’emplois locaux et mieux alignées avec les objectifs climatiques européens.

Selon les analystes, persister à présenter le nucléaire comme une solution centrale relèverait davantage d’un héritage idéologique que d’une analyse économique rationnelle. « L’industrie nucléaire européenne, telle qu’elle existe aujourd’hui, est morte », tranche l’un d’eux.

Vers une clarification de la stratégie énergétique européenne

Alors que l’UE s’apprête à préciser sa trajectoire énergétique pour les prochaines décennies, ces prises de position pourraient peser dans les arbitrages à venir. Pour leurs auteurs, la priorité est claire : investir massivement dans les renouvelables, le stockage et la flexibilité, plutôt que de chercher à ressusciter une industrie nucléaire en perte de compétitivité.

Un débat qui, à l’heure de l’urgence climatique et de la réindustrialisation verte, dépasse largement la seule question de la production d’électricité.

Lire la note de Montel News

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