Invité de l’émission Questions Politiques sur France Info, Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement national, a vivement critiqué la publication par décret de la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), dévoilée cette semaine par le gouvernement.
Une motion de censure en préparation
Le député a confirmé que son groupe envisage le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement, estimant que la stratégie énergétique présentée constitue « une impasse ». Il a également évoqué un recours devant le Conseil d’État. Selon lui, le choix du décret pour publier la PPE résulte d’une injonction européenne liée à la transposition de la directive RED III sur les énergies renouvelables.
Un prix cible de 40 à 60 €/MWh
Sur le fond, Jean-Philippe Tanguy défend un objectif clair : garantir un prix de l’électricité « sorti de centrale » compris entre 40 et 60 euros par mégawattheure. Il juge que la trajectoire actuelle, qui prévoit un coût cible de 100 €/MWh pour les futurs EPR2, compromettrait la compétitivité française face aux États-Unis et à la Chine.
Il plaide pour une accélération du nucléaire, avec des délais de construction ramenés à sept ans, en s’inspirant notamment du modèle sud-coréen. Selon lui, la production nucléaire prévue en 2035 resterait inférieure à celle de 2006, ce qui relativiserait l’idée d’une « grande relance ».
Un mix dominé par le nucléaire
Le député propose un mix énergétique composé à terme de 75 % de nucléaire et 25 % d’énergies renouvelables pilotables, en particulier l’hydroélectricité. Il s’oppose au développement de nouvelles éoliennes terrestres ou maritimes et se montre très réservé sur le solaire, qu’il juge utile seulement dans des cas spécifiques, notamment pour accompagner le développement de la climatisation lors des pics estivaux.
Décarbonation et électrification
Jean-Philippe Tanguy affirme que son parti défend une extinction des énergies fossiles d’ici 2050, mais via une trajectoire centrée sur le nucléaire et une « neutralité technologique », qu’il oppose à ce qu’il considère comme des choix réglementaires imposés trop rapidement par le haut.
Une clause de revoyure à venir
La PPE 3 comporte une clause de réexamen, ce qui laisse ouverte la possibilité d’ajustements futurs. Dans un contexte politique tendu, la feuille de route énergétique continue de cristalliser les clivages sur le rythme et les priorités de la transition énergétique française.
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