La semaine dernière, le Premier ministre a répondu aux questions de huit journalistes de la presse quotidienne régionale. Il s’exprime notamment sur la PPE, le nucléaire et les énergies renouvelables :
Vous aviez promis que 2026 serait une année utile. Êtes-vous condamné à gérer les affaires courantes ?
Non, déjà parce que le budget n’est pas un budget d’affaires courantes ! Citons par exemple des priorités du quotidien… […] l’énergie, qui est probablement un des dossiers les plus urgents. On parle depuis trois ans de la prochaine programmation pluriannuelle pour l’énergie (PPE) ! Elle sera enfin signée en fin de semaine prochaine.
Par décret ?
Oui, en raison de l’urgence et car c’est la compétence du gouvernement. Et j’estime que les débats ont largement eu lieu : le décret en tiendra compte.
Combien y aura-t-il finalement de nouveaux EPR (réacteurs de nouvelle génération) ?
Six EPR seront inscrits dans la PPE, et huit supplémentaires en option. Cette ambition structure notre filière nucléaire nationale pour l’avenir, comme le président de la République l’avait demandé lors de son discours de Belfort.

Et quelle place pour le renouvelable ?
Les renouvelables sont également sources de décarbonation, produisent de l’électricité sur notre territoire, et désormais nous avons des filières nationales. Nous investissons donc dans une nouvelle trajectoire dans l’éolien en mer, le photovoltaïque, la géothermie. Également sur l’éolien terrestre, mais dont on sait qu’il est parfois source de conflit localement : la priorité sera donc donnée à la remotorisation des parcs existants avec des turbines plus puissantes pour éviter le mitage des paysages.
Vous rassurez les filières du renouvelable qui sont inquiètes ? Vous n’allez pas baisser la part du renouvelable en France ?
J’ai reçu avec le ministre Roland Lescure l’ensemble des filières des énergies renouvelables à Matignon vendredi mais aussi la filière nucléaire. Si elles étaient inquiètes, c’est parce que certains acteurs politiques ont laissé courir le bruit qu’il y aurait un moratoire, ce qui est faux. Ces querelles d’hier, y compris en opposant le nucléaire et les renouvelables, sont idiotes et pas à la hauteur des enjeux. Nous importons encore 60 milliards d’euros par an de gaz et de pétrole : autant de vulnérabilités qui nous rendent dépendants de puissances étrangères ! La protection de la planète s’aligne avec nos besoins d’indépendance. Alors arrêtons les divisions inutiles.
Est-ce que le prix de l’électricité pour les Françaises et les Français va baisser ?
Là où il augmente partout ailleurs, il n’augmentera pas en France. L’objectif d’une stratégie ambitieuse d’offre, c’est aussi la capacité à maîtriser le coût de la facture d’électricité. Ensuite, il faudra réfléchir à des incitations pour accélérer l’électrification des usages. L’idée, c’est d’arriver à ce que 60 % de notre consommation en 2030 soit électrique.
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