lundi, février 23, 2026
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PPE3 : Xavier Barbaro la hausse future des prix de l’électricité sera liée au coût du nucléaire, et non aux renouvelables

Invité ce soir dans « Le 18/19 » sur BFM Business, Xavier Barbaro, PDG de Neoen, est revenu sur la controverse politique entourant la publication par décret de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3). Alors que deux motions de censure ont été déposées à l’Assemblée nationale, le dirigeant du producteur d’électricité renouvelable appelle à dépasser l’instrumentalisation politique pour revenir au fond du débat : la réalité économique et technique des choix énergétiques.

Un débat politique qui occulte les réalités économiques

Pour Xavier Barbaro, l’énergie est un sujet majeur et il est légitime qu’il suscite de la passion. Mais il regrette l’absence de pédagogie et de débat technique approfondi. Selon lui, la France dispose aujourd’hui d’atouts solides : elle exporte de l’électricité – environ 15 % de sa production – ce qui a contribué positivement à la balance commerciale. « On ne dimensionne pas Airbus en fonction des seuls besoins français », souligne-t-il, estimant que l’électricité peut devenir une force d’exportation stratégique.

Sur le contenu de la PPE3, il pointe un contraste entre la précision des annonces sur le nucléaire – avec la confirmation de nouveaux réacteurs – et le flou entourant les objectifs solaires, évoqués dans une fourchette large. Or, selon lui, si l’objectif est d’accélérer l’électrification des usages, notamment dans l’industrie, les transports ou les data centers, le solaire constitue le levier le plus rapide et le plus compétitif à court terme. « Construire un réacteur prend quinze à vingt ans. Le solaire peut répondre immédiatement à la demande », insiste-t-il.

Face aux critiques sur le « trop-plein » d’électricité et le coût supposé des renouvelables, Xavier Barbaro affirme que le solaire et l’éolien ne sont plus subventionnés comme par le passé. À l’inverse, il rappelle que le nouveau nucléaire représente un investissement massif, citant le coût du projet britannique Hinkley Point, évalué à plus de 50 milliards d’euros. Selon lui, la hausse future des prix de l’électricité sera liée au coût du nucléaire, et non aux renouvelables, aujourd’hui les sources les moins chères du mix.

Le solaire et le stockage comme leviers immédiats de compétitivité

Le dirigeant met également en avant le rôle central du stockage. Neoen a investi plus de 3 milliards d’euros dans les batteries ces dernières années, notamment en Australie, où le couplage solaire-stockage a permis d’atteindre 50 % d’électricité renouvelable tout en maîtrisant les coûts. Il regrette que la PPE3 parle peu des batteries, pourtant essentielles pour absorber les surplus et stabiliser le réseau.

Pour Xavier Barbaro, la France doit saisir la vague de l’électrification et des data centers plutôt que la subir. « Il faut laisser investir », conclut-il, estimant que le renouvelable, loin d’être un problème, peut devenir un moteur économique et industriel majeur dans la décennie à venir.

Le site de BFM Business


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