La relance des appels d’offres pour les énergies renouvelables électriques annoncée par le gouvernement est accueillie favorablement par la filière. L’association France Renouvelables, qui représente les acteurs de l’éolien et du photovoltaïque, y voit un signal attendu après plusieurs mois d’incertitudes. Cette reprise des procédures, appelée à être mise en œuvre rapidement, marque un retour de visibilité pour des industriels confrontés à un contexte énergétique instable.
Dans un environnement marqué par la volatilité des prix et une dépendance persistante aux énergies fossiles, l’enjeu dépasse toutefois la seule relance à court terme. France renouvelables insiste sur la nécessité d’inscrire cette dynamique dans la durée, en sécurisant les calendriers et en accélérant les investissements. À l’horizon 2026, la facture d’importation des énergies fossiles pourrait dépasser les 100 milliards d’euros, faisant de la transition énergétique un levier central pour la souveraineté économique et le pouvoir d’achat.
Une relance attendue, mais un besoin de visibilité renforcé
Pour la filière, la reprise des appels d’offres constitue un véritable « signal de respiration ». Elle intervient après une période de tension, marquée par des retards et des incertitudes réglementaires. France renouvelables souligne toutefois que cet élan doit s’accompagner d’un cadre lisible et prévisible. L’organisation appelle ainsi à la tenue d’au moins trois appels d’offres par technologie – éolien terrestre et photovoltaïque – d’ici la fin de l’année, condition jugée indispensable pour mobiliser pleinement les capacités industrielles.
La présidente de l’association, Anne-Catherine de Tourtier, insiste sur la nécessité de lever les incohérences entre les ambitions affichées et les freins persistants. Elle appelle à un dialogue « objectif et responsable » afin d’adapter les cadres de développement et de favoriser la compétitivité de l’électricité renouvelable. Dans cette perspective, la clause de revoyure prévue en 2027 dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est jugée trop courte pour permettre aux acteurs industriels de se projeter sereinement.
Éolien en mer : un changement d’échelle à confirmer
Le gouvernement engage parallèlement une nouvelle phase de développement de l’éolien en mer, avec le lancement d’un appel d’offres d’environ 10 GW et un objectif de 45 GW installés d’ici 2050. Cette ambition marque un changement d’échelle destiné à structurer durablement une filière industrielle stratégique.
Le lancement des appels d’offres fusionnés (AO9 et AO10) envoie un signal fort aux industriels, notamment ceux implantés en France. Il redonne des perspectives à un secteur fragilisé ces derniers mois par des délais décisionnels. Toutefois, plusieurs interrogations subsistent, notamment sur les calendriers, les conditions de concurrence et les règles de fixation des prix.
L’objectif affiché d’un tarif moyen inférieur à 100 €/MWh est jugé atteignable, mais à condition d’adapter le cadre réglementaire. France renouvelables plaide pour un assouplissement des contraintes, une révision des exigences financières et une meilleure stabilité réglementaire. L’enjeu est de concilier compétitivité des projets, attractivité du marché français et maintien d’un tissu industriel national solide.
Au-delà des annonces, la filière appelle à une vision cohérente et de long terme. C’est à cette condition que la France pourra accélérer l’électrification de ses usages, renforcer sa souveraineté énergétique et consolider sa place dans la transition européenne vers une électricité décarbonée.





