La future programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), attendue depuis plusieurs mois, pourrait enfin être dévoilée fin janvier ou début février 2026. C’est ce qu’a indiqué Roland Lescure lors d’une intervention sur France Info, reconnaissant sans détour le retard pris par ce document stratégique censé définir le mix énergétique français pour les décennies à venir.
« La PPE, c’est exactement cela : décider aujourd’hui des investissements qui garantiront demain une électricité décarbonée et parmi les moins chères d’Europe », a rappelé l’ancien ministre de l’Industrie et de l’Énergie. Selon lui, si la France bénéficie encore d’un avantage comparatif sur les prix de l’électricité, c’est grâce aux choix structurants opérés il y a cinquante ans, notamment dans le nucléaire. Des décisions qu’il faut désormais actualiser à l’aune des nouveaux enjeux.
Le retard accumulé est assumé. « J’en suis un peu impatient », concède Roland Lescure, évoquant l’instabilité politique récente qui a freiné la publication du texte, alors qu’il était prêt à être présenté dès la fin 2025. Mais un autre élément est venu compliquer l’équation : la publication, juste avant Noël, d’une étude majeure de RTE.
Cette étude montre que la consommation d’électricité en France est aujourd’hui inférieure aux prévisions, traduisant un retard dans l’électrification des usages. Une donnée clé, qui oblige l’exécutif à réexaminer certains programmes d’investissement, aussi bien dans le nucléaire que dans les énergies renouvelables, notamment l’éolien en mer. « On n’est pas encore au rendez-vous de l’électrification », reconnaît l’ancien ministre.
La question budgétaire reste toutefois centrale. Roland Lescure pose clairement le dilemme : peut-on lancer de grands programmes industriels sans budget voté ? Sa position est désormais tranchée. « Ça a assez duré, maintenant il faut qu’on avance », affirme-t-il, indiquant qu’il recommandera au Premier ministre de ne plus retarder la PPE, quitte à traiter ensuite les arbitrages financiers.
La future feuille de route intégrera également un volet spécifique pour les territoires ultramarins, encore très dépendants des énergies fossiles. Solaire, éolien, géothermie : les potentiels existent, comme en Corse ou dans les départements d’outre-mer, et doivent être pleinement mobilisés, selon Roland Lescure, pour réduire la dépendance au thermique.
Au-delà des choix technologiques, l’enjeu est aussi industriel et social. « Il faut qu’on reprenne en main notre destin énergétique », plaide-t-il, appelant à investir massivement, à créer de l’emploi et à développer des expertises françaises capables de s’exporter.
Après des mois d’attente, la PPE semble donc entrer dans sa phase finale. « On est à quelques jours », assure Roland Lescure. Une échéance désormais scrutée de près par les industriels de l’énergie, les collectivités et l’ensemble des acteurs de la transition énergétique.






Il faut aussi prendre en compte l’aspect stratégique de la défense: passer des cuves de fioul individuelles à un réseau électrique centralisé, c’est prendre le risque d’arrêter le pays pour quelques drones, quasiment inarrêtables.
Passer au tout électrique ne peut pas s’envisager sans stockage local, voire individuel: une batterie intégrée au compteur pour vraiment découpler le réseau interne et le réseau public?