En 2018, le gouvernement lançait le programme « Place au soleil », porté alors par Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique. Cette initiative visait à accélérer le développement de l’énergie solaire en France et avait suscité de fortes attentes parmi les professionnels du secteur photovoltaïque, qui y voyaient un signal clair en faveur d’un changement d’échelle.
À l’époque, l’exécutif affichait une ambition affirmée : faire du solaire un pilier central de la décarbonation du mix électrique français. Dans ses déclarations, Sébastien Lecornu insistait sur la nécessité de « libérer massivement les énergies renouvelables », rappelant les mesures déjà engagées sur l’éolien terrestre et offshore, ainsi que sur la méthanisation pour le développement des gaz renouvelables. Le photovoltaïque était alors présenté comme la « principale opportunité » pour atteindre les objectifs climatiques.
Le programme reposait sur plusieurs leviers structurants : l’augmentation des volumes d’appels d’offres, afin de permettre aux acteurs de la filière d’installer davantage de capacités, et la mobilisation du foncier, au sol comme sur les bâtiments, pour faciliter le déploiement des installations. L’objectif affiché était de créer les conditions d’une rencontre efficace entre l’offre industrielle et la demande en surfaces disponibles, afin de lever les freins administratifs et économiques au développement du solaire.
Sept ans plus tard, le contexte apparaît plus contrasté. Alors que Sébastien Lecornu occupe désormais les fonctions de Premier ministre, le gouvernement travaille à l’élaboration d’une nouvelle feuille de route énergétique. Selon plusieurs signaux et rumeurs persistantes, les ambitions en matière de solaire pourraient y être revues à la baisse, suscitant de nouvelles inquiétudes au sein de la filière.
Dans ce contexte, les déclarations de 2018 résonnent avec une acuité particulière. Elles rappellent la place centrale que le photovoltaïque était censé occuper dans la stratégie de décarbonation de l’électricité française, mais aussi le décalage perçu par les acteurs entre les intentions affichées et la trajectoire actuelle des politiques publiques.
Pour les professionnels du secteur, l’enjeu reste inchangé : disposer d’une visibilité claire et stable sur les objectifs, les volumes d’appels d’offres et les conditions de développement, afin de poursuivre les investissements nécessaires. À l’heure où l’électrification des usages et la souveraineté énergétique s’imposent comme des priorités nationales, le rôle du solaire demeure un élément clé de l’équation énergétique française.





