Invité de BFM Business, Arnaud Langlois, président fondateur de SunLib, a présenté un modèle encore peu répandu dans le secteur de l’énergie : le photovoltaïque par abonnement. La jeune entreprise française vient de boucler une levée de fonds de 25 millions d’euros, première étape d’un plan de développement beaucoup plus ambitieux visant à équiper massivement ménages, entreprises et collectivités en installations solaires.
Le principe est simple : aucun investissement initial pour le client. En échange d’un abonnement mensuel de quelques dizaines d’euros, SunLib finance, installe et entretient les panneaux photovoltaïques sur la durée. « Sans apport, sans crédit bancaire », résume Arnaud Langlois. L’offre inclut également des solutions de suivi, de pilotage et de stockage de l’énergie, reposant sur une technologie propriétaire intégrant des outils d’intelligence artificielle.
L’économie de l’usage appliquée à l’énergie
« On s’abonne au solaire comme on s’abonne à Netflix », explique le dirigeant. SunLib s’inscrit pleinement dans l’économie de l’usage, un modèle désormais bien accepté par les consommateurs, qui privilégient l’accès à un service plutôt que la propriété d’un équipement. Les contrats proposés s’étendent sur des durées longues, de 10 à 25 ans, condition nécessaire pour assurer l’équilibre économique du dispositif.
La question de la mobilité résidentielle est également prise en compte. En cas de déménagement ou d’événement de vie, le contrat peut être résilié ou transmis au nouvel occupant du logement. « C’est un contrat extrêmement flexible », insiste Arnaud Langlois, afin de lever l’un des principaux freins psychologiques à l’engagement sur le long terme.
Un modèle économique fondé sur la durée
Si l’équation peut sembler contre-intuitive — financer une installation coûteuse contre un abonnement mensuel modéré — le fondateur assure que le modèle est solide. Il repose sur la création de valeur partagée entre clients finaux, installateurs partenaires et investisseurs. SunLib se substitue au client pour l’achat des installations et les exploite sur le long terme, ce qui permet de lisser les coûts et les revenus.
Concernant les évolutions des prix des panneaux photovoltaïques, Arnaud Langlois se montre relativement serein. La hausse annoncée de certains composants, liée notamment à la réorganisation des exportations chinoises, ne remet pas en cause l’équilibre du modèle. « Les panneaux représentent moins de 10 % du coût total d’une installation », rappelle-t-il. La main-d’œuvre et l’ingénierie constituent plus de 60 % du coût, soulignant le rôle clé du photovoltaïque dans la création d’emplois locaux non délocalisables.
Cap sur 100 000 abonnés
Avec cette levée de 25 millions d’euros, SunLib ambitionne d’installer quelques milliers de nouvelles installations dès cette année. L’objectif à horizon 2030 est clair : atteindre 100 000 abonnés. Pour y parvenir, l’entreprise s’appuie sur un modèle de distribution B2B2C, fondé sur un réseau d’installateurs partenaires qui commercialisent directement l’offre auprès de leurs clients.
Mais les besoins financiers sont à la hauteur des ambitions. « Pour 100 000 abonnés, il faudrait plutôt entre 1 et 1,5 milliard d’euros », reconnaît Arnaud Langlois. Les 25 millions levés constituent donc une première marche, avant des tours de table beaucoup plus conséquents.
En filigrane, SunLib illustre une évolution plus large du secteur énergétique : le passage d’un modèle d’équipement à un modèle de service, susceptible d’accélérer l’adoption du solaire et de renforcer l’ancrage industriel et social de la transition énergétique en France.





