samedi, février 28, 2026
spot_img

Tribune de Xavier Daval « La lumière sur les énergies renouvelables : une réponse nécessaire »

Xavier_Daval

Xavier Daval, PDG de KiloWattSol

Tribune de Xavier Daval, PDG de KiloWattSol, publiée le 18 janvier dans le magazine Le Point en réponse à l'appel des parlementaires LR à freiner le développement des énergies renouvelables. Le PDG de KiloWattSol souligne leur rôle crucial pour notre avenir énergétique.

« Une tribune récemment parue dans Le Point, signée par des sénateurs et des députés Les Républicains, appelle à une pause dans la politique de soutien aux énergies renouvelables.

Ce texte mérite une réponse. Il est surprenant qu'à un moment où les territoires cherchent à se revitaliser, ces parlementaires, dont l'ancrage local devrait les rendre plus sensibles à l'activité économique des territoires qu'ils représentent, remettent en cause une filière qui apporte tant à leurs communes.

Les énergies renouvelables : un moteur pour les territoires

Les énergies renouvelables sont portées par des milliers d'entreprises, de toutes les tailles, à travers tout le pays. Ces sociétés collaborent avec les acteurs locaux de la construction, de la logistique et de l'aménagement. Elles créent des emplois et soutiennent le dynamisme économique, à un moment où le secteur du bâtiment traverse une crise profonde. Ces projets contribuent à l'autonomie énergétique des territoires tout en générant des retombées économiques concrètes : des revenus pour les communes, des emplois locaux et une meilleure intégration des énergies propres dans le quotidien des citoyens.

Ces initiatives renforcent également la résilience des territoires face aux défis climatiques et économiques. En soutenant ces projets, les collectivités locales investissent dans des infrastructures pérennes qui répondent à la double exigence de transition écologique et de développement économique.

Comment des parlementaires, qui devraient connaître et soutenir les besoins économiques locaux de leurs territoires, peuvent-ils préconiser une pause qui freinerait une filière essentielle au développement de leurs régions ? Ce n'est pas un soutien aveugle, mais une observation pragmatique des réalités locales.

Une confusion fondamentale sur le mix énergétique

Une erreur majeure des auteurs de la tribune réside dans leur affirmation que le mix électrique de la France est déjà décarboné à 95 %. Cette déclaration reflète une confusion fréquente entre énergie et électricité. En réalité, seule l'électricité atteint ce niveau de décarbonation, mais elle ne représente qu'environ 25 % du mix énergétique global de notre pays. Les secteurs des transports, du chauffage et de l'industrie reposent encore largement sur des énergies fossiles. Ignorer cette réalité, c'est passer à côté de l'ampleur du défi énergétique auquel nous faisons face.

L'électrification de ces secteurs constitue une priorité, mais elle nécessite des capacités de production supplémentaires, rapides à déployer et compétitives. Les énergies renouvelables, notamment le solaire et l'éolien, répondent précisément à ces besoins en offrant flexibilité et rapidité, là où d'autres solutions, comme le nucléaire, sont plus longues et coûteuses à mettre en œuvre.

Un modèle centralisé face à des solutions décentralisées

Il est étonnant qu'une tribune signée par des parlementaires apparentés au parti Les Républicains, qui prône traditionnellement la liberté d'entreprendre et une économie moins-dirigée par l'État, fasse l'éloge du modèle monopolistique du nucléaire au détriment du modèle libéral des énergies renouvelables. Ce paradoxe est d'autant plus surprenant que les renouvelables incarnent l'innovation entrepreneuriale, la décentralisation et la capacité d'adaptation aux besoins locaux – des valeurs pourtant chères à ce courant politique. Le nucléaire, pilier historique du mix énergétique français, a sa place dans notre stratégie énergétique. Il a permis à la France de garantir une production d'électricité décarbonée et stable pendant des décennies. Mais s'enfermer dans un modèle exclusivement centralisé, au moment où l'électrification croissante des usages – transports, chauffage, industrie – nécessite des solutions flexibles et rapides à déployer, serait une erreur stratégique.

Les énergies renouvelables, au contraire, complètent le nucléaire en offrant une capacité à s'implanter partout, au plus près des besoins. Elles favorisent l'autonomie énergétique des territoires tout en stimulant l'innovation industrielle. Ignorer ces avantages reviendrait à nier les besoins d'un monde qui évolue vers des modèles énergétiques plus résilients et décentralisés.

Des coûts à interroger

Et si les signataires se disent préoccupés par la bonne gestion des finances publiques, pourquoi alors ne s'étonnent-ils pas des dérives budgétaires massives associées à des projets comme Flamanville 3 ? Selon la Cour des comptes, ce réacteur nécessiterait un prix de vente de 138 €/MWh pour atteindre une rentabilité de 4 %, soit bien au-dessus des prix du marché. Avec un dépassement de budget de 618 %, il est légitime de se demander où est la rigueur budgétaire souvent invoquée.

Pendant ce temps, les énergies renouvelables continuent de voir leurs coûts diminuer grâce aux progrès technologiques et aux économies d'échelle. Le solaire, par exemple, est aujourd'hui l'une des sources d'énergie les plus compétitives au monde. Il offre une flexibilité et une rapidité de déploiement incomparables, permettant de répondre aux besoins croissants d'électrification sans les délais et les surcoûts récurrents des projets nucléaires.

La lumière comme symbole d'avenir

La lumière – qu'elle émane du soleil ou de l'esprit – symbolise la transparence, le progrès et l'avenir. En remettant en cause les énergies renouvelables, les signataires tournent le dos à cette lumière et risquent de priver leurs territoires d'une transition énergétique inclusive, porteuse d'emplois et d'autonomie. Les renouvelables ne sont pas une menace : elles sont une chance, une opportunité de conjuguer compétitivité économique, innovation et justice climatique.

Les parlementaires, mieux que quiconque, devraient être les porteurs de cette transformation, en accompagnant leurs territoires vers un avenir durable. Soutenir les énergies renouvelables, c'est faire le choix d'une énergie propre, d'une économie florissante et d'un futur où les territoires se développent en harmonie avec les enjeux écologiques.

Ne pas manquer le tournant historique

Le monde avance à grands pas dans sa transition énergétique. Alors que des nations entières accélèrent le développement des énergies renouvelables pour renforcer leur souveraineté énergétique et leur compétitivité industrielle, la France ne peut se permettre de rester en retrait. Faire le choix des énergies renouvelables, c'est éclairer l'avenir avec pragmatisme et ambition. La France ne peut manquer ce tournant historique, car c'est aujourd'hui que se construit l'énergie du XXIe siècle. »

Sur le même sujet

4 Commentaires

  1. « Une erreur majeure des auteurs de la tribune réside dans leur affirmation que le mix électrique de la France est déjà décarboné à 95 % »
    Faute de frappe ou je suis aussi nul que les sénateurs.
    Le mix électrique est bien déjà décarboné à 95 %, par contre le mix énergétique est décarboné qu’à ~ 40%, non ?

  2. « Une erreur majeure des auteurs de la tribune réside dans leur affirmation que le mix électrique de la France est déjà décarboné à 95 % »
    Faute de frappe ou je suis aussi nul que les sénateurs.
    Le mix électrique est bien déjà décarboné à 95 %, par contre le mix énergétique est décarboné qu’à ~ 40%, non ?

  3. « Une erreur majeure des auteurs de la tribune réside dans leur affirmation que le mix électrique de la France est déjà décarboné à 95 % »
    Faute de frappe ou je suis aussi nul que les sénateurs.
    Le mix électrique est bien déjà décarboné à 95 %, par contre le mix énergétique est décarboné qu’à ~ 40%, non ?

  4. « Une erreur majeure des auteurs de la tribune réside dans leur affirmation que le mix électrique de la France est déjà décarboné à 95 % »
    Faute de frappe ou je suis aussi nul que les sénateurs.
    Le mix électrique est bien déjà décarboné à 95 %, par contre le mix énergétique est décarboné qu’à ~ 40%, non ?

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisement -spot_img

Derniers articles

- Advertisement -spot_img