Vincent Maillard, président d'Octopus Energy France, s'alarme du report de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) et s'inquiète du sort des énergies renouvelables en France, alors que la transition énergétique nécessite et mérite une trajectoire claire et ambitieuse.
Le nouveau report de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) , désormais prévue « avant la fin de l'été », provoque l'incompréhension, bien au-delà du cercle des producteurs d'énergies renouvelables. Profitons-en pour prendre un peu de recul, et revenir aux fondamentaux.
La lutte contre la désinformation doit être remise au centre des débats. Le gouvernement fait aujourd'hui face à une opinion publique et des élus largement désinformés. Il n'est pas de jour où l'on ne lise des affirmations qui font rire (jaune) les spécialistes mais convainquent – malheureusement – électeurs et politiques.
Ainsi, certains acteurs poussent actuellement à ralentir le développement des énergies renouvelables (ENR) sous des motifs fallacieux, et notamment celui de l'insuffisance de demande. Le gouvernement doit clairement établir l'absurdité et la nocivité de cet argument.
Triple absurdité
Arrêter les ENRs au motif d'une demande insuffisante relève d'une triple absurdité. Absurdité stratégique, car on ne pilote pas une politique à vingt-cinq ou cinquante ans en regardant dans le rétroviseur les deux ou trois dernières années.
Absurdité logique, car si la demande a baissé, c'est du fait de la hausse vertigineuse des prix de l'électricité due précisément à… une offre insuffisante.
Absurdité économique, parce qu'en limitant pour l'avenir le développement de l'offre, on maintiendra des prix trop élevés et on ralentira la transition énergétique, entrant ainsi dans le cercle délétère d'une prophétie autoréalisatrice. Ce que soulignait d'ailleurs la Commission de régulation de l'énergie à propos de la future PPE : « un retard dans le développement de la production renouvelable se traduirait […] par une hausse des prix de l'électricité ».





