Hubert Vialatte (photo), journaliste spécialisé en économie, politique et société, correspondant à Montpellier du quotidien « Les Echos », a bien voulu nous demander de réagir aux annonces de Bruxelles sur l’accélération du marché solaire.
« Un doublement du parc solaire d’ici à 2025 »
Intarissable en matière d’énergie solaire, André Joffre, président de Derbi et patron du bureau d’études Tecsol (Perpignan), répond aux Indiscrétions, alors que la commission européenne publie ce 18 mai des propositions pour relever l’objectif de l’UE en matière d’énergie renouvelable. Il interviendra le 3 juin à la Cité de l’Économie et des Métiers de demain à Montpellier, dans le cadre d’une conférence coorganisée par la Clean Tech Vallée et Derbi.
Le pôle de compétitivité Derbi, accélérateur d’innovation au service de la transition énergétique en Occitanie, représente 170 adhérents. Trois questions à, la rubrique où le tutoiement est de rigueur.
André, sais-tu ce que devrait annoncer la Commission européenne ce mercredi ?
Pour sortir de la dépendance au gaz et au pétrole russe, l’objectif affiché va être de doubler le parc installé d’ici à 2025 et de le tripler d’ici à 2030. C’est un saut considérable, une vraie révolution en termes d’emplois et d’artisanat en milieu rural, supposant d’installer tous les ans 10 GW d’énergie solaire supplémentaire au niveau national.
D’après toi, qu’est-ce qui rend cet objectif crédible ?
L’énergie solaire est très compétitive. Le prix de revient en toiture est de 10 cts le kilowattheure, alors que le prix de gros du marché s’élève à 30 cts. Et le rendement des panneaux solaires s’améliore. Aujourd’hui, un module photovoltaïque transforme en électricité 20 % du rayonnement solaire qu’il capte. En laboratoire, on arrive à 29 %, et on sait que l’on pourra aller jusqu’à 50 % d’ici 30 ans.
Le solaire rapporte désormais de l’argent à l’État ! Même Jean-François Carenco, patron de la CRE (commission de régulation de l’énergie), affirme que l’on ne fait pas assez d’énergies renouvelables en France, alors qu’il n’a pas toujours été partisan de ces énergies.
Comment atteindre un tel relèvement des objectifs de production, et en quoi l’Occitanie peut-elle en tirer bénéfice ?
Il faut donner la priorité au solaire en toiture, en orientant des facilités de financement et en formant les collaborateurs en ce sens. Et accélérer la simplification… Aujourd’hui, il faut « 4 ans et une cinquantaine d’autorisations pour obtenir le permis de construire d’une centrale solaire » en France, au lieu d’un an en Allemagne. Le texte du gouvernement sur la simplification est prêt. Il devrait s’inspirer ce qui a été déjà été fait pour les JO Paris 2024.
Autre enjeu, la fabrication de panneaux solaires en Europe. L’objectif serait, à l’horizon 2030, de fabriquer 75% des produits solaires installés en Europe, au lieu de 10 à 15 % aujourd’hui.
L’Occitanie, qui a un potentiel d’énergie renouvelable très fort, a une carte à jouer.
L’environnement y est très propice, avec des laboratoires de recherche et des entreprises de développement, à même d’acheter les composants. Le pôle Derbi participera à une journée de la Région Occitanie, le 22 juin, au cours de laquelle la collectivité présentera sa feuille de route sur l’énergie solaire.
Signature d’une convention de partenariat entre la Clean Tech Vallée et le pôle Derbi, puis conférence sur le thème « Le paysage énergétique de demain dans les territoires : la place des communautés énergétiques et le développement des énergies renouvelables ». Plus d’infos ici





