Alors que le monde s’engage dans une transition énergétique sans précédent, la Chine multiplie les initiatives concrètes pour renforcer sa place de leader mondial de la production d’énergie propre. Dans l’immense région désertique du Xinjiang, au nord-ouest du pays, un projet emblématique illustre cette dynamique : le champ pétrolier de Tarim, traditionnellement centré sur les hydrocarbures, est aujourd’hui presque entouré de panneaux photovoltaïques géants — symboles de la mutation énergétique en cours.
Situé au cœur du désert du Taklamakan, l’un des espaces les plus arides et ensoleillés de Chine, le gisement de Tarim demeure un pôle majeur pour l’industrie fossile chinoise. Mais depuis plusieurs années, ses vastes terrains servent aussi de support à une implantation massive de centrales solaires et de projets photovoltaïques distribués. En 2025, cette stratégie porte ses fruits : l’ensemble des installations solaires du site a généré plus de 2 milliards de kilowattheures d’électricité verte sur l’année, un record pour une infrastructure combinant production pétrolière et renouvelable.
Ce chiffre impressionnant résulte d’un parc solaire dont la capacité installée dépasse 2,6 gigawatts, répartie à la fois entre cinq grandes centrales solaires centralisées et plusieurs centaines de petites installations photovoltaïques installées directement sur des plateformes pétrolières et des puits.
Selon les autorités, environ 8 % de cette électricité renouvelable est utilisée directement sur les sites d’exploitation pétrolière et gazière, contribuant à réduire la consommation d’énergie fossile sur place et à diminuer l’intensité carbone du champ. Les 92 % restants sont injectés dans le réseau électrique régional, alimentant des foyers et des industries bien au-delà du territoire désertique.
Ce déploiement s’inscrit dans une stratégie nationale plus large visant à transformer les vastes zones désertiques et steppiques du pays en bassins majeurs de production d’énergie propre. La région du Xinjiang, dotée d’un ensoleillement et d’un potentiel éolien exceptionnels, est devenue un pivot du développement des énergies renouvelables en Chine. Elle alimente des lignes électriques à très haute tension qui relient l’Ouest au reste du pays, contribuant à diversifier le mix énergétique.
L’opération autour du champ de Tarim marque aussi une étape symbolique : elle montre que même des infrastructures historiquement dépendantes des combustibles fossiles peuvent être intégrées à des systèmes de production d’énergie propre. Dans un contexte où la Chine vise à accroître fortement ses capacités renouvelables d’ici 2030, ce type de projet reflète une approche pragmatique de la transition énergétique, alliant exploitation traditionnelle et développement solaire à grande échelle.
Alors que le pays domine déjà la fabrication mondiale de panneaux solaires et d’éoliennes, l’exemple du Xinjiang illustre comment les énergies propres s’ancrent désormais au cœur même des territoires producteurs d’énergie fossile, participant à une reconfiguration profonde du paysage énergétique mondial.





