Publication des chiffres 2017 de l’Observatoire Climat-Energie : « La France à la dérive »

Anne_BringaultSous ce titre, le Réseau Action Climat communique :

« Le Réseau Action Climat et le CLER-Réseau pour la transition énergétique sont à l'initiative de l'Observatoire Climat-Énergie, outil de suivi et d'évaluation des résultats climatiques et énergétiques de la France. Les chiffres pour 2017 ont été publiés la semaine dernière et ils sont pour le moins préoccupants : sur 9 indicateurs du tableau de bord, 8 sont dans le rouge. Ces données chiffrées confirment qu'un sursaut est nécessaire !

Pour Anne Bringault (photo), Coordinatrice des ONG sur la Transition énergétique pour le CLER-Réseau pour la transition énergétique et le Réseau Action Climat, "L'observatoire Climat-Energie rend visible le retard que la France prend sur la transition énergétique. La France dépasse de 6,7 % son budget carbone en 2017 et rien ne se passe alors que les impacts concrets du dérèglement climatique sont de plus en plus visibles."

Trois ans après le vote de la loi de transition énergétique, et alors que le nouveau ministre prépare la nouvelle feuille de route de la France sur le climat et l'énergie, un bilan s'impose. C'est l'objet de l'Observatoire Climat-Énergie : montrer, pour chaque indicateur climatique et énergétique, le respect ou non de l'objectif fixé pour 2017 et, le cas échéant, l'ampleur de l'écart. Il s'agit d'un outil s'appuyant sur les indicateurs officiels de la Stratégie nationale bas carbone et de la Programmation pluriannuelle de l'énergie.

La France fait fausse route

Les premiers résultats montrent que la France s'écarte des objectifs qu'elle s'était elle-même fixés. En voici deux exemples :

  • Les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté en 2016 et 2017 après une baisse plus ou moins régulière depuis 2005. Elles dépassent en 2017 de 6,7 % le budget carbone. Les trois secteurs les plus émetteurs (transports, bâtiments, agriculture) dépassent les objectifs pour 2017.
  • Malgré l'objectif fixé dans la loi de transition énergétique – diminution de 20 % de la consommation d'énergie en 2030 par rapport à 2012 –, la consommation d’énergie a augmenté entre 2016 et 2017, et dépasse de 4,2 % la trajectoire fixée pour 2017.

Cet état des lieux appelle à un sursaut collectif : des mesures supplémentaires sont nécessaires pour revenir sur les trajectoires prévues. Le Réseau Action Climat plaide notamment pour que le Gouvernement s'engage sur 4 priorités pour le climat, en matière de transports, d'énergie, de finances et de solidarité internationale.

Le CLER – Réseau pour la Transition énergétique soutient également des propositions concernant la rénovation des logements et le développement des énergies renouvelables en s'appuyant sur les acteurs locaux.

Le site de l'observatoire

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1 COMMENTAIRE

  1. La France à la dérive parlons en !
    L’observatoire de l’énergie est aveugle ou ferme les yeux volontairement.Je penche pour la deuxième hypothèse. En effet :
    En 2014 la France envoyait 304 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère alors que, en 2017, ses émissions atteignaient 320 millions de tonnes, soit 16 millions de tonnes supplémentaires. « En même temps », la puissance éolienne installée, de 11,5 GW en 2014, atteignait 18 GW en 2017. De son côté la puissance photovoltaïque est passée de 5,3 GW à 7,7 GW. Ce développement de la production d’électricité renouvelable a été financé par une partie d’une taxe prélevée sur les consommations d’électricité, la CSPE. En 2014 celle-ci atteignait 3,017 milliards d’euros et s’envolait à 5,279 milliards d’euros en 2017 avec une prévision de 5,913 milliards en 2018. En 2018, bien qu’augmentant leurs émissions de CO2 de 16 millions de tonnes, les Français auront sacrifié 3,6 milliards d’euros sur l’autel écologique !
    A quoi auront donc servi ces milliards puisque ce n’est pas à diminuer notre consommation de combustibles fossiles ? A mettre en difficulté la production nucléaire qui n’a aucun impact négatif sur le climat puisqu’il n’émet pas de gaz à effet de serre ! Là est l’erreur fondamentale qui explique l’échec de Nicolas Hulot : avoir cru les semeurs d’illusions qui lui ont affirmé qu’il était possible, en absence de stockage massif de l’électricité, de diminuer à la fois la production nucléaire et les émissions de CO2. L’exemple allemand est là pour confirmer cette impossibilité à une échelle bien plus importante que celui de la France.

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