La CRE a retenu trois thématiques principales pour les travaux à venir quant au développement de l'autoconsommation photovoltaïque en France : les mécanismes de solidarité nationale qui constituent un des fondements du modèle énergétique français, le développement de signaux tarifaires et de dispositifs de soutien permettant un développement optimal et maîtrisé de ce nouveau monde de consommation, l'accompagnement des projets d'autoconsommation.
Ces trois thématiques sont exposées par Brice Bohuon, Directeur Général des Services de la CRE.
1. Le système électrique français repose aujourd'hui sur une grande centralisation et une priorité donnée aux valeurs de solidarité entre utilisateurs des réseaux et équité entre territoires, incarnées par les principes de péréquation tarifaire et de timbre-poste. L'application de ces deux principes aboutit à une tarification de l'énergie en fonction d'un coût moyen national. Réfléchir à un cadre pour le développement de l'autoconsommation, phénomène par essence localisé, auxquels les consommateurs auront inéquitablement accès, et qui nécessite de prendre en compte la valeur « spatiale » de l'autoconsommation (produire et consommer l'électricité en un même lieu), implique de remettre le sens à donner à ces principes au cœur du débat.
2. Le développement de l'autoconsommation dépendra des différents mécanismes de soutien et signaux tarifaires mis en place. Du point du vue de l'utilisateur, la rentabilité d'une installation d'autoconsommation sera conditionnée par le coût de production de l'énergie autoconsommée par rapport au prix d'achat de l'électricité soutirée et par la valeur donnée aux éventuelles injections de surplus. Il convient donc d'examiner si les trois composantes principales de la facture d'un consommateur (taxes et contributions, dont CSPE, fourniture d'énergie et tarifs d'acheminement) renvoient des signaux pertinents, permettant de faire converger intérêt du consommateur et intérêt général. En outre, il convient de réfléchir aux caractéristiques d'un système de soutien à l'autoconsommation cohérent avec des objectifs de développement des ENR et d'efficacité énergétique.
3. Enfin, il ne faut pas négliger la question de l'accompagnement des projets d'autoconsommation et notamment du cadre contractuel adéquat définissant les obligations du client final, de son fournisseur et du gestionnaire de réseaux. Celui-ci devra naturellement évoluer pour accompagner cette transition, et ce, en gardant à l'esprit l'impératif de simplicité pour l'utilisateur. À ce titre, pourquoi ne pas étendre le champ du contrat unique à la plupart des autoconsommateurs individuels, afin de permettre à leur fournisseur d'être également l'acheteur des excédents injectés ?






On pourrait même compléter le texte, où il est question de « développement optimal et maîtrisé de ce nouveau monde de consommation… », il me semble qu’il s’agit autant de production que de consommation.
A partir du moment où l’ensemble de la production est consommée en temps réel les choses sont extrêmement simples. L’autre simplification provient de la mutualisation des échanges apportée par l’autoconsommation collective et on pourrait même aller au-delà. Pour compléter la revente partielle des surplus il pourrait y avoir un système simple de différé, ou de compensation. Comme l’effacement diffus mais sans appliquer de pénalités financières exorbitantes, tel que ce fut le cas pour le dispositif de compensation à 16 € tous les 1000 KWh, dispositif depuis annulé par le Conseil d’Etat.
Ce qui amène la question des flux, des échanges de données et des transactions de gré à gré, ou entre communautés. Facile grâce au Blockchain.
Articles BlockChain :
– https://fr.linkedin.com/pulse/blockchain-pour-l%C3%A9nergie-alerte-au-tsunami-pierre-paperon
– https://www.energystream-wavestone.com/2017/07/la-blockchain-quelles-applications-concretes-pour-les-energeticiens/
En dehors des aspects transactionnels, quelle que soit l’interface smartgrid ou le system de comptage, il reste à gérer l’équilibre des réseaux et la sécurité d’approvisionnement. Ce qui n’est pas une mince affaire.
Il y a obligatoirement une forme de discrimination entre ceux qui peuvent installer des panneaux photovoltaïques et des batteries et ceux qui ne disposent ni des surfaces de toitures, ni d’un niveau d’ensoleillement suffisant. Tout comme il y a discrimination entre les consommateurs qui se regroupent et les acheteurs isolés, ou entre ceux qui pourront s’offrir un véhicule électrique et ceux qui devront continuer à rouler au diesel.
Avec les ENR on pourrait tout aussi bien assister à de la surproduction massive (comme ce fut déjà ponctuellement le cas en Allemagne), à se voir obligés d’évacuer les surplus et pour cela de payer les clients pour qu’ils consomment. Économiquement ça n’a rien de révolutionnaire, c’est un peu l’équivalent de l’injection massive de liquidités dans l’économie et de taux à zéro % d’intérêt.
On n’en est pas là, mais il parait évident que la baisse du coût des ENR et leur montée en puissance va chambouler les habitudes.
Je crois qu’il n’y a que 2 possibilités :
– soit on change complètement de modèle et on tient compte du modèle collaboratif émergent,
– soit on construit autour de l’existant et du centralisé. Sachant que dans ce deuxième cas, vu la spécificité du système Français, il n’est pas sur que ce soit exportable ou transposable ailleurs.
Un pari risqué, puisque cela voudrait dire que l’on aurait raison contre tous ?
Ce seront des débats intéressants.
le 12/9/2017, ce sont des débats intéressants.
Déjà l’intervention de M. Guido Bortoni représentant du Régulateur Italien AEEG, est enrichissante, car ils semblent avoir déjà résolu une partie des problèmes.
Peer to peer et agrégation, autoconsommation collective, notion de trinôme, netmeteering et net billing, etc…. Agrégation et séparation des coûts pour pouvoir bénéficier de fournisseurs différents au sein d’un agrégat.
Et ils travaillent déjà sur des problèmes plus complexes à gérer, tels le : «vehicle-to-home».
Bilan : France 30000 auto-consommateurs, contre 750000 pour l’Italie.