La conférence DERBI – JNES, qui s'est tenue la semaine dernière (1,2 et 3 juillet), a vu émerger un lobby qui veut placer la ville au centre de la transition énergétique.
Infatigable promoteur de la transition énergétique, le Catalan André Joffre est le fondateur et principal animateur de la conférence internationale DERBI. Un rendez-vous qui réunit chaque année, à Perpignan, les plus importants acteurs du développement des énergies renouvelables. Cette année, à l’heure de la super région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, il est, avec la CCI des P.-O., la tête de pont d’un mouvement qui entend faire de Perpignan la capitale régionale des énergies renouvelables.
Qu’est-ce qui fait que Perpignan pourrait se distinguer ainsi?
Parce que dans le ping-pong entre Montpellier et Toulouse, qui est une vision très réductrice de notre grande région, on oublie que nous avons beaucoup de villes moyennes, comme Perpignan, avec des spécificités et des qualités.
Et Perpignan est suffisamment spécialisée dans les énergies renouvelables pour en être la capitale régionale?
Oui. Nous revendiquons que Perpignan devienne capitale régionale en matière d’énergies renouvelables et environnementale.
Comment cela pourrait-il se traduire?
Perpignan accueillerait à la fois les services de l’Etat, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) mais aussi les services dédiés de la région, comme la direction de l’Environnement. On va pousser pour que ça se fasse.
Qui vous suit dans cette démarche?
C’est à l’initaitve de la CCI des P.-O. et avec le soutien du conseil départemental et de l’Agglo.
Plus largement, le département est-il toujours en pointe dans ce secteur?
Oui, car on a déjà trois territoires à énergie positive : l’Agglo de Perpignan, le pays
Pyrénées-Méditerranée et la Cerdagne. Et l’objectif de Perpignan 2015 pour une ville à énergie positive sera atteint, grâce notamment aux tuiles photovoltaïques de Saint-Charles et au parc éolien catalan de Calce.
Mais il n’y a toujours pas d’industrie ni beaucoup d’emplois locaux liés…
Si, dans le domaine de l’ingénierie, de l’installation et de la maintenance, il y a des emplois.
Et puis les serres solaires produisent de l’emploi, deux emplois à l’hectare et celles de Trouillas, sur 20 hectares, c’est 40 emplois permanents et c’est pas négligeable. On crée de l’activité économique.
Qu’est-ce qui a changé depuis la première conférence DERBI ?
On a grandi, on a intégré le territoire de Midi-Pyrénées, multiplié par quatre notre nombre d’adhérents (200 contre 50) et acquis beaucoup d’expérience dans la mise en relation des entreprises et des laboratoires. En dix ans, on a aussi ramené 130 millions d’euros aux labos locaux comme le CNRS à Perpignan ou l’INRA à Narbonne.
Et le grand public a changé son regard sur les énergies renouvelables.
Oui. Je me souviens d’une conférence avec Jacques Blanc (ancien président du conseil régional-NDLR) qui avait du mal à prononcer le mot « photovoltaïque » ! Aujourd’hui, c’est devenu un mot banal. Comme le terme « énergies renouvelables » sur lequel on s’interrogeait. En dix ans, il y a un monde d’écart !
Recueilli par Frédérique Michalak (L’indépendant)





