Dans les somptueux paysages des Pyrénées-Orientales, les viticulteurs confrontés au changement climatique mettent à l’épreuve de nouvelles pratiques pour éviter la déprise agricole. Par Christian Goutorbe, correspondant à Perpignan (Pyrénées-Orientales)
Depuis novembre, la pluie fait le beau temps des 1 418 vignerons déclarants du Roussillon et de leurs 15 200 ha. Le vignoble a reçu en deux mois 524 mm d’eau. C’est plus que sur toute l’année 2024 (517 mm) et le double de 2022 (305 mm) et 2023 (244 mm), années durant lesquelles il était tombé autant de pluie… que dans le sud de l’Espagne.
Ainsi, après 30 mois d’aridité et de désespoir, les viticulteurs catalans espèrent s’inscrire dans un nouveau cycle climatique favorable. Les rendements se sont redressés doucement en 2025, de 18 à 21 hectolitres à l’hectare. « Mais nous sommes encore loin du seuil de rentabilité entre 37 et 38 hectos, niveau que nous n’avons jamais atteint depuis 2018, tempère Julien Thiery, chef du service viticulture à la chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales. Nous sommes en décalage par rapport aux autres départements du Languedoc qui produisent autour de 50 hectos. Les producteurs sont en résilience économique depuis des années. »
André Joffre, fondateur de Tecsol, est encore plus optimiste. « Les planètes s’alignent. Avec les syndicats du solaire et des énergies renouvelables, nous venons d’obtenir l’adoption de la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), c’est le redémarrage de notre filière, se félicite-t-il. Nos parcelles catalanes sont taillées sur mesure pour être équipées, produire du vin et de l’électricité. »
Celui qui est considéré comme des papes du photovoltaïque dans l’Hexagone y voit d’ailleurs une planche de salut pour les agriculteurs. « Les panneaux pèseront autant que les bouteilles dans les comptes des vignerons », évalue André Joffre qui voit les Pyrénées-Orientales comme un Eldorado du solaire.
Son bureau d’études Tecsol a équipé une parcelle chez Francis Vila, à Trouillas. Les panneaux y sont en mode tracker pour suivre le mouvement du soleil. « Mais cela ne nuit pas à la vie de la plante. La grappe elle-même est toujours à l’abri du soleil. Les feuilles sont exposées pour assurer la photosynthèse. Et dès 2025, soit 18 mois après la plantation, nous avons récolté 10 hectolitres à l’hectare, ce qui est une bonne première récolte », raconte Francis Vila.
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