Le sénateur RDSE (Rassemblement Démocratique et Social Européen) Michel Masset regrette l’absence d’un véritable débat démocratique sur la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) et appelle à des clarifications sur plusieurs points essentiels.
Un débat tardif
Publié le 13 février dernier, ce texte déterminant pour l’avenir énergétique de la France aurait mérité un véritable débat parlementaire en amont. Le groupe RDSE regrette que le Parlement soit « invité à commenter a posteriori » une programmation qui engage la Nation pour les années à venir.
Trois priorités, trois défis majeurs
La PPE 3 repose sur trois piliers : la souveraineté énergétique, la transition écologique et la compétitivité des prix. Pour Michel Masset (RDSE), ces priorités doivent se traduire par des actions concrètes :
1. Souveraineté et indépendance énergétique
La France importe 60 % de son énergie finale sous forme d’énergies fossiles. L’invasion de l’Ukraine en 2022 a confirmé l’urgence de ne plus dépendre de puissances étrangères. Le groupe RDSE soutient l’électrification massive des usages (industrie, transports, bâtiment) pour réduire cette dépendance à 30 % d’ici 2035. Toutefois, cette souveraineté implique également de développer des filières minières européennes (uranium, lithium, terres rares) pour éviter de troquer une dépendance pour une autre.
2. Transition écologique : un mix énergétique équilibré
Le sénateur approuve l’abandon des fermetures de réacteurs nucléaires et le lancement de six nouveaux EPR 2, dont le premier devrait être livré en 2038. Néanmoins, les énergies renouvelables doivent conserver toute leur place dans le mix énergétique français. La filière photovoltaïque représente 30 000 emplois directs non délocalisables. L’objectif de 48 GW de production solaire en 2030 (contre 30 GW en 2025) impose des investissements massifs dans les réseaux de raccordement, actuellement saturés dans de nombreux territoires comme le Lot-et-Garonne.
Le groupe RDSE a déposé une proposition de loi visant à remplacer la règle du « premier arrivé, premier servi » par le principe du « premier prêt, premier servi », afin de prioriser les projets en fonction de leur maturité, de leur acceptabilité locale et de leur pertinence territoriale. Michel Masset sénateur du Lot-et-Garonne regrette également le manque d’ambition sur la sobriété et l’efficacité énergétique, domaines dans lesquels de nombreuses collectivités montrent déjà la voie.
3. Pouvoir d’achat et compétitivité
Avec 7 millions de personnes en précarité énergétique, le sénateur rappelle que les investissements massifs nécessaires ne doivent pas peser sur les consommateurs. Les investissements publics dans la souveraineté énergétique constituent de la « bonne dette », génératrice de croissance et d’emplois, qui justifie une intervention forte de l’État.
Des questions restent en suspens
Le groupe RDSE par l’intermédiaire de Michel Masset appelle le Gouvernement à clarifier rapidement plusieurs points :
- Le soutien financier à l’électrification, notamment pour la sortie des 350 000 foyers du gaz
- Les modalités de renforcement de l’autoconsommation pour les entreprises
- La répartition des financements entre entretien des réseaux existants (enfouissement) et construction de nouveaux réseaux
- Les moyens concrets pour atteindre les objectifs ambitieux sur l’hydrogène
- Les besoins spécifiques des Outre-Mer
« Si elle n’est pas parfaite, cette programmation a le mérite d’exister et d’envoyer un signal en faveur de la souveraineté énergétique et de la décarbonation de notre économie », déclare Michel Masset. Le groupe RDSE votera en faveur de cette orientation stratégique tout en restant vigilant sur sa mise en œuvre concrète.





