Énergie : Engie met en garde contre les orientations du Rassemblement national

La dirigeante d’Engie, Catherine MacGregor, a confirmé avoir participé début avril à un dîner réunissant plusieurs grands patrons français et la dirigeante du Rassemblement national, Marine Le Pen. Une présence assumée, mais accompagnée d’un message clair : alerter sur les risques que certaines orientations énergétiques du parti feraient peser sur la France.

Organisée le 7 avril, cette rencontre a rassemblé plusieurs figures du CAC 40, dans un contexte politique marqué par la montée du RN à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Longtemps évité par les milieux économiques, le parti d’extrême droite suscite désormais un intérêt croissant des grandes entreprises, soucieuses de comprendre et, le cas échéant, d’infléchir son programme.

Lors d’un point presse, la directrice générale d’Engie a justifié sa participation par la nécessité, pour un acteur majeur de l’énergie, « d’éclairer les décideurs politiques sur des sujets complexes ». Elle a toutefois reconnu que ces échanges restaient pour l’heure peu fructueux.

Au cœur des préoccupations : plusieurs propositions du RN jugées préoccupantes par Engie. Parmi elles figurent la volonté de sortir du marché européen de l’électricité, de remettre en cause l’indépendance du régulateur ou encore de freiner le développement des énergies renouvelables. Autant d’orientations qui, selon Catherine MacGregor, seraient « mauvaises pour la France », tant du point de vue de la sécurité énergétique que des prix de l’électricité et des objectifs de décarbonation.

Cette prise de position illustre les tensions croissantes entre certains programmes politiques et les impératifs de transition énergétique. Pour Engie, groupe fortement engagé dans les renouvelables et les infrastructures bas carbone, la stabilité du cadre européen et la poursuite des investissements dans les énergies propres apparaissent comme des conditions essentielles.

Plus largement, cet épisode témoigne d’une évolution notable des relations entre les grandes entreprises et le Rassemblement national. Si les dirigeants restent prudents, le dialogue s’installe progressivement, dans une logique d’anticipation politique. Reste à savoir si ces échanges permettront de rapprocher les positions ou s’ils mettront en lumière des divergences structurelles, notamment sur les enjeux énergétiques, au cœur des transformations économiques à venir.

Reuters.com

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