Invité du 20ᵉ anniversaire de Qualit’EnR, François Gemenne a replacé la transition énergétique dans une perspective plus large : celle d’un choix collectif, industriel et démocratique. Face à l’accélération du dérèglement climatique, le politologue a appelé à sortir du fatalisme pour faire de l’action climatique un projet positif, concret et mobilisateur.
À l’occasion du 20ᵉ anniversaire de Qualit’EnR, François Gemenne a livré une intervention dense et stimulante sur les enjeux climatiques, énergétiques et sociétaux qui structurent désormais l’avenir des territoires comme des entreprises. Devant les acteurs de la filière des énergies renouvelables, le spécialiste des questions climatiques a rappelé que la transition ne peut plus être pensée comme une simple contrainte réglementaire ou environnementale. Elle doit devenir un projet collectif, capable de fédérer, d’innover et de redonner du sens à l’action.
Son message a résonné particulièrement auprès d’une association comme Qualit’EnR, créée il y a vingt ans pour accompagner la montée en compétence des professionnels des énergies renouvelables. Car au cœur de cette transition se trouvent les femmes et les hommes de terrain : installateurs solaires, spécialistes des pompes à chaleur, professionnels du bois-énergie, entreprises artisanales et PME qui transforment chaque jour les objectifs climatiques en solutions concrètes chez les particuliers, les collectivités et les entreprises.
François Gemenne a insisté sur la nécessité de dépasser deux écueils : le déni d’un côté, le découragement de l’autre. Oui, le changement climatique est déjà là. Oui, ses conséquences se font sentir dans les canicules, les sécheresses, les tensions sur l’eau, les risques naturels ou encore les migrations. Mais non, cela ne signifie pas que l’action serait vaine. Chaque dixième de degré évité compte. Chaque bâtiment rénové, chaque système fossile remplacé, chaque kilowattheure renouvelable produit participe à réduire la vulnérabilité collective.

Cette approche donne une responsabilité particulière aux filières de la chaleur renouvelable et du solaire. Elles ne sont pas seulement des secteurs techniques : elles sont des leviers de souveraineté, de pouvoir d’achat, d’aménagement du territoire et de résilience. La qualité des installations devient alors un enjeu central. Sans professionnels formés, qualifiés et reconnus, la transition ne pourra ni tenir ses promesses, ni gagner la confiance des citoyens.
En vingt ans, Qualit’EnR s’est imposée comme l’un des maillons essentiels de cette confiance. En structurant les qualifications, en accompagnant les entreprises et en contribuant à la professionnalisation du marché, l’association a permis aux énergies renouvelables de passer du statut de solutions pionnières à celui de technologies du quotidien.
L’intervention de François Gemenne aura ainsi rappelé une évidence : la transition énergétique ne se décrète pas seulement depuis les sommets internationaux ou les textes réglementaires. Elle se construit dans les territoires, par les professionnels, au contact des citoyens. Et c’est précisément là que Qualit’EnR entend poursuivre son action pour les vingt prochaines années.





