En Chine, le stockage par batteries entre dans l’âge du marché

Après avoir constitué le premier parc mondial de stockage par batteries, la Chine change de priorité. L’enjeu n’est plus seulement d’installer des capacités, mais de mieux les utiliser, de les intégrer au réseau et de multiplier leurs sources de revenus, selon une étude publiée par Ember le 16 juillet 2026.

À la fin de 2025, la Chine détenait plus de la moitié des capacités mondiales de stockage par batteries. Au premier trimestre 2026, elle totalisait 155,2 GW et 400,8 GWh de nouveaux moyens de stockage, dont 149,8 GW de batteries lithium-ion.

La seule année 2025 a vu l’installation de 189,5 GWh supplémentaires, soit un quasi-doublement du parc. Pékin vise désormais 300 GW de nouveaux moyens de stockage en 2030.

Le stockage progresse plus vite que le solaire

Cette accélération accompagne l’essor spectaculaire du photovoltaïque chinois. En 2025, la production solaire a augmenté de 336 TWh.

Selon Ember, les nouvelles capacités de stockage installées cette année-là pourraient théoriquement déplacer dans le temps 21 % de cette production solaire quotidienne supplémentaire, contre seulement 6 % en 2022.

Les batteries deviennent ainsi essentielles pour absorber l’électricité produite en milieu de journée et la restituer lors des pointes de consommation.

Des équipements encore sous-utilisés

Le développement chinois a d’abord reposé sur des obligations imposant aux nouveaux projets solaires et éoliens d’intégrer du stockage. Cette politique a contribué à réduire l’écrêtement des renouvelables, mais elle a aussi conduit à installer des batteries sans véritable modèle économique autonome.

En 2025, les batteries associées à des centrales renouvelables réalisaient en moyenne 199 cycles par an, contre 299 pour les installations autonomes. Cet écart de 100 cycles traduit une exploitation encore insuffisante des systèmes colocalisés.

S’ils avaient fonctionné au même rythme que les actifs autonomes, ils auraient pu déplacer 9,5 TWh supplémentaires d’électricité renouvelable. Avec un fonctionnement optimisé de l’ensemble du parc à 350 cycles par an, le potentiel supplémentaire atteindrait 23 TWh.

Vers un développement piloté par le marché

Depuis 2025, la Chine a supprimé l’obligation nationale d’associer systématiquement du stockage aux nouveaux projets renouvelables.

La transition est déjà visible : entre janvier et avril 2026, les batteries autonomes ont représenté 84,7 % des nouvelles capacités installées, contre seulement 8,4 % pour les systèmes associés aux centrales solaires et éoliennes.

Pour Ember, la prochaine étape dépendra de la capacité des projets à cumuler plusieurs revenus : arbitrage sur les marchés de l’électricité, services système, rémunération de capacité, effacement ou participation à des centrales électriques virtuelles.

La Chine a démontré qu’elle savait installer des batteries à très grande échelle. Elle doit désormais transformer cette puissance en flexibilité réelle pour le réseau et pour l’intégration massive des énergies renouvelables.

Téléchargez l’étude…

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