Intervenant au nom des Écologistes et de Marine Tondelier lors du colloque de France renouvelables, le 7 octobre à Paris, Julie Laernoes a défendu une accélération forte du développement des énergies renouvelables, qu’elle considère comme le levier le plus rapide pour réduire la dépendance française aux énergies fossiles. Elle a également plaidé pour une loi de programmation énergie-climat assortie d’une programmation financière. La députée a participé à la table ronde consacrée à la stratégie énergétique de la France à l’approche de 2027.
Dès le début de son intervention, Julie Laernoes a exprimé son inquiétude face à la situation de la filière renouvelable. Elle estime que les incertitudes réglementaires, les réductions de volumes d’appels d’offres et les modifications des dispositifs de soutien fragilisent les entreprises au moment où les besoins de décarbonation augmentent. Elle oppose cette situation aux moyens envisagés pour le nouveau nucléaire et critique ce qu’elle considère comme un déséquilibre des choix budgétaires. Cette position a également été reprise publiquement par la députée à l’issue du colloque.
Une loi de programmation avec des moyens financiers
Pour Julie Laernoes, la première priorité est de mettre fin aux changements successifs de règles. Elle souhaite une loi de programmation énergie-climat, associée à une programmation financière, afin de fixer des objectifs à court, moyen et long terme et de donner de la visibilité aux industriels comme aux particuliers.
La députée considère que la planification doit permettre aux entreprises de structurer leurs filières et aux ménages d’anticiper leurs investissements. Elle cite notamment la rénovation énergétique des logements comme exemple d’un secteur pénalisé par les modifications répétées des aides et des échéances.
Accélérer l’électrification des usages
La sortie des énergies fossiles passe également, selon elle, par une accélération de l’électrification. Julie Laernoes plaide notamment pour la relance du leasing social des véhicules électriques et pour davantage d’investissements dans les transports collectifs et le ferroviaire.
Elle rappelle que de nombreux usages restent dépendants du gaz, du fioul ou des carburants pétroliers et considère que la France accuse un retard dans l’électrification par rapport à certains de ses voisins européens. Elle se montre donc ouverte à la création d’une instance chargée d’accompagner cette électrification, à condition qu’elle s’inscrive dans une véritable planification de la sortie des fossiles.
Les renouvelables comme solution rapidement mobilisable
Julie Laernoes conteste l’idée selon laquelle les énergies renouvelables représenteraient avant tout un coût pour les finances publiques. S’appuyant sur les analyses de la CRE, elle affirme qu’elles ont joué un rôle d’amortisseur sur les prix de l’électricité et qu’elles peuvent être développées plus rapidement que de nouveaux moyens nucléaires.
Elle défend ainsi une priorité donnée aux technologies renouvelables disponibles immédiatement, tout en critiquant le coût et les délais associés au nouveau nucléaire. Son objectif de long terme reste celui d’un système énergétique reposant entièrement sur les renouvelables à l’horizon 2050, position également rappelée publiquement par la députée après la conférence.
Défendre les filières industrielles et les emplois
La députée insiste enfin sur l’enjeu industriel et social de la transition. Elle évoque les difficultés rencontrées par certaines entreprises du renouvelable et les suppressions d’emplois intervenues dans des filières qui devraient, selon elle, constituer des secteurs d’avenir.
Pour Julie Laernoes, la question budgétaire ne peut donc être dissociée de celle de l’indépendance énergétique, de l’emploi et de la politique industrielle. Elle propose notamment de financer davantage la transition par une taxation accrue des profits des groupes pétroliers et gaziers.
Sa ligne est ainsi clairement affirmée : planifier la sortie des énergies fossiles, stabiliser les règles, accélérer l’électrification et donner la priorité au développement rapide des énergies renouvelables.






