La fin de plusieurs programmes CEE marque, après tant d’autres, un nouveau coup contre une politique de décarbonation cohérente et guidée par l’intérêt collectif. L’Association négaWatt, comme de nombreux autres acteurs, s’inquiète de cette dérive et appelle le gouvernement à ne pas abandonner nos concitoyens les plus précaires.
Une annonce par voie de presse a confirmé la non-reconduction de plusieurs programmes de certificats d’économies d’énergie (CEE), à destination notamment des publics précaires. Avec les baisses de soutien aux énergies renouvelables des derniers mois et les coupes budgétaires annoncées pour la transition énergétique, ces choix signent l’échec d’un « quinquennat qui sera[it] écologique ou ne sera[it] pas ».
La fin de programmes CEE efficaces et nécessaires aux plus précaires
Six programmes CEE aidant à lutter contre la précarité énergétique dans le logement ou la mobilité (Toits d’abord, Territoires zéro exclusion énergétique, Tims, Slime) et à accompagner la rénovation (Facilaréno, ACTEE) ne seront pas reconduits cette année, alors même qu’ils ont produit de bons résultats économiques, environnementaux et sociaux. Partout en France, des centaines d’emplois, porteurs de sens et de résultats concrets, seront supprimés, laissant notamment les ménages les plus précaires et les collectivités les plus exposées sans appui pour maîtriser leur facture énergétique.
Au poids de cette facture s’ajoute l’indignité des pics de froid hivernaux et des étés caniculaires subis dans des passoires thermiques. Dans la lignée des changements de règles sur le Diagnostic de performance énergétique (DPE) et des coups de rabot continus sur MaPrimeRénov’, la non-reconduction de ces programmes CEE confirme le renoncement du gouvernement à protéger les plus fragiles.
Une électrification sans maîtrise des consommations est aussi inefficace qu’injuste
Depuis le discours du candidat Emmanuel Macron à Belfort en février 2022, la politique énergétique s’est progressivement réduite à une électrification à marche forcée, dont la relance du nucléaire est le socle et les énergies renouvelables, malmenées, la variable d’ajustement. Elle oppose dans les faits électrification et efficacité, au lieu de les conjuguer. Cette stratégie, menée au détriment de toute ambition de réduction de nos consommations d’énergie et d’amélioration des modes de vie, est aussi inefficace qu’injuste : inefficace, parce qu’elle coûte plus cher à la collectivité, ralentissant ainsi l’électrification qu’elle prétend soutenir ; injuste, parce qu’elle instaure une politique énergétique à deux vitesses, laissant notamment les plus précaires payer la facture économique et climatique.
Une autre politique énergétique, qui répare les fractures de la société et protège les citoyens, est possible. Elle inscrit pleinement l’électrification dans une approche basée sur la sobriété, l’efficacité énergétique et le déploiement des renouvelables, soucieuse de tous les publics et de tous les territoires. C’est le chemin de décarbonation, de souveraineté et de justice sociale que proposera notre prochain scénario, dont la publication est prévue le 3 décembre.






