Newheat va concevoir, financer, construire et exploiter une centrale solaire thermique de 18,5 MWth sur le site laitier d’Agrial à Herbignac, en Loire-Atlantique. Avec 22 000 m² de capteurs et un stockage thermique de 4 000 m³, l’installation doit fournir près de 10 700 MWh de chaleur renouvelable par an et réduire d’environ 12 % la consommation de gaz naturel du site. Présenté comme la plus grande centrale solaire thermique de France, le projet illustre le potentiel du solaire pour décarboner directement les procédés industriels.
Le site d’Herbignac transforme chaque année environ 650 millions de litres de lait pour l’activité « Ingrédients & Nutrition » d’Agrial. Le projet, baptisé Euriasol, est développé depuis 2021 et franchit désormais une nouvelle étape avec la mise en place d’un contrat de fourniture de chaleur de long terme entre Agrial et Newheat.
22 000 m² de capteurs solaires et 4 000 m³ de stockage
L’installation reposera sur 22 000 m² de capteurs solaires thermiques, implantés sur environ 6 hectares, pour une puissance totale de 18,5 MWth. Elle sera associée à une cuve de stockage thermique de 4 000 m³, destinée à décaler dans le temps une partie de la production solaire et à mieux l’adapter aux besoins de l’usine.
La centrale devrait livrer près de 10 700 MWh de chaleur renouvelable par an. L’infrastructure alimentera huit consommateurs industriels répartis sur cinq procédés distincts, avec des niveaux de température et des exigences de disponibilité différents. Newheat souligne que l’ensemble a été conçu pour pouvoir intégrer progressivement d’autres sources de chaleur décarbonée.
Environ 1 360 tonnes de CO₂ évitées chaque année
Selon Newheat et Agrial, le dispositif permettra d’éviter environ 12 % de la consommation annuelle de gaz naturel du site, soit près de 1 360 tonnes de CO₂ par an. Sur les vingt-cinq années du contrat, les émissions évitées dépasseraient ainsi 34 000 tonnes de CO₂.
Pour Agrial, cette opération s’inscrit dans le cadre de son Plan Climat, qui prévoit une réduction de 35 % de l’empreinte carbone du groupe d’ici 2035 par rapport à 2019, avec notamment un objectif de division par deux des émissions directes liées à l’énergie, au transport, aux emballages et aux déchets.
Newheat prend en charge l’investissement et l’exploitation
Le modèle retenu repose sur une fourniture de chaleur sur le long terme : Newheat finance et exploite l’infrastructure, tandis qu’Agrial achète la chaleur produite. Selon Newheat, ce dispositif permet à l’industriel de ne pas avoir à porter directement l’investissement ni la complexité de l’ingénierie du projet.
Le projet bénéficie par ailleurs du soutien financier de l’ADEME et de la Région Pays de la Loire. Le financement associe également le Crédit Coopératif, la Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique et une campagne de financement participatif via Lendosphere.
Le solaire thermique gagne du terrain dans l’industrie
Pour Newheat, il s’agit de sa neuvième installation et d’une nouvelle démonstration de la capacité du solaire thermique à fournir directement de la chaleur industrielle. Le développeur avait déjà mis en service une centrale solaire thermique de 15 000 m² pour l’usine Lactalis de Verdun, connectée au procédé de séchage du site.
À Herbignac, le changement d’échelle est significatif. Avec 18,5 MWth, le projet confirme que le solaire thermique peut désormais dépasser le cadre de la chaleur basse température pour devenir une véritable infrastructure énergétique industrielle, combinant production renouvelable, stockage et pilotage des usages.
Dans un contexte où la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie affiche l’ambition de doubler la production de chaleur renouvelable d’ici 2032, Newheat voit dans ce modèle une solution réplicable pour réduire la dépendance au gaz des sites industriels.





