mardi, mars 3, 2026
spot_img

Agnès Pannier-Runacher : la loi « accélération de la transition énergétique », libèrera du foncier

Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, était face aux GG sur RMC le 3 août dernier. L'occasion de lever un tout petit peu le voile sur la future loi qui devra permettre une « accélération de la transition énergétique ».

Agnès Pannier-Runacher : Le conflit d'usage, c'est un sujet qu'on regarde. C’est-à-dire, quelle est la part du foncier agricole qui est utilisé pour faire autre chose que de l'activité agricole et vous avez raison de souligner qu'il ne faut pas que ça se fasse de manière désorganisée, non planifiées, où on fasse un peu miroiter des revenus faciles à des agriculteurs, subventionnés en plus sur fonds publics, et qui risque lorsqu'on additionne toutes ces démarches de nous priver de surfaces agricoles qui soient cultivées. Aujourd'hui il y a un certain nombre de cliquets qui empêche d'utiliser de manière totalement désorganisée ces surfaces agricoles et on est en train de les renforcer.  

Didier Giraud : En parallèle il y a aussi le développement du photovoltaïque, enfin il y a quand même des milliers d'hectares de toits qui n'ont pas de panneaux photovoltaïques, ça c'est une hérésie quand même…

Agnès Pannier-Runacher : et c'est pour ça que dans la loi « accélération de la transition énergétique », que je présenterai en conseil des ministres en septembre, il y a notamment comment on libère du foncier qui n'est pas utilisé aujourd'hui pour les énergies renouvelables, en particulier le photovoltaïque, les délaissés routiers dont on ne fait pas grand-chose, donc que si on l'utilisé pour des panneaux photovoltaïques, ce n'est pas plus mal. Les grands parkings qui ont des ombrières, si on y met des panneaux photovoltaïques, ça ne dérange personne. Effectivement, il y a les toits des usines mais ça je crois que c'est assez largement parti pour des raisons évidentes d’économie.

Alain Marschall : On ne touchera pas à la nature, comme dans les Landes où on a enlevé de la nature pour mettre des panneaux photovoltaïques…

Agnès Pannier-Runacher: on a vocation à être très vigilants et c'est quand même ce gouvernement qui a fait le « zéro artificialisation nette ». Je veux leur rappeler, c'est une mesure qui est assez mais décriée par certains, mais nous avons assumé cette mesure-là.

Emmanuel Lechypre : moi j'avais une question sur « qu'est ce qui nous attend cet hiver » ? Parce qu'en fait finalement, l'automne on a une assez bonne visibilité. On sait qu'on aura 30 centimes à la pompe en moins sur deux mois, les prix ont plutôt tendance à baisser, l'automne il est joué finalement, mais là on quand on voit les prix de l'électricité pour cet hiver qui sont deux fois plus élevés quasiment que ceux de l'hiver dernier, vous nous avez très bien expliqué la problématique du gaz, le pétrole on voit que c'est dur de produire autant qu'on en a besoin et je vois beaucoup de gens qui disent mais si on dépense pas aujourd'hui c'est parce que beaucoup font des économies en se disant « mais qu'est ce qui va nous attendre sur les factures d'énergie à partir du mois de janvier ? » Qu'est-ce que vous vous pouvez dire pour nous rassurer ou nous inquiéter sur nos factures d'énergie ? Peut-être que l'Etat va dire « on ne peut plus rien faire parce que parce que les taux d'intérêt remontent, parce qu'il y a plus d'argent public etc. ou bien va y avoir des dispositifs, alors je me doute bien que vous n’allez pas tout nous dire, mais est ce que quand même on peut avoir des pistes ou pas ?

Agnès Pannier-Runacher : Déjà je vais rappeler ce qu'on a fait, parce que nous sommes les seuls et ça va jusqu'au 31 décembre 2022,  donc c’est de l’argent sonnant et trébuchant, c'est le blocage des prix d'électricité, c'est le blocage des prix du gaz et les remises à l’essence. Vous n'avez aucun pays européen qui ne soit allé aussi loin sur les factures d'électricité et de gaz.

Deuxième élément, on ne voit pas bien pourquoi un gouvernement qui a toujours fait de ce sujet de protection du pouvoir d'achat des consommateurs en particulier sur les prix l'énergie, changerait du jour au lendemain de posture. On sait qu'il y a aussi les chèques énergie, je rappelle que l'année dernière le chèque énergie avait augmenté et il permet d'aider les plus modestes, les deux premiers déciles, c’est-à-dire les 20% des Français qui ont les revenus les plus bas, à pouvoir se chauffer. Ces chèques peuvent être utilisés pour du fioul, pour des pellets de bois pour du gaz naturel ou l'électricité.

Donc on a des leviers, ils existent, ça sera la discussion de l'automne prochain, ça s'appelle un projet de loi de finance. Ça sera un des enjeux de cette discussion est d'ores et déjà, on à vue sur le débat du projet loi « pouvoir d'achat » c'est une discussion qui a été posée. Deuxième chose, c'est qu'est-ce qu'on peut faire structurellement sur le prix du gaz et de l'électricité ? Vous savez qu'on travaille à une plateforme d'achat collectif sur le gaz naturel et on a une réflexion sur le plafonnement du prix du gaz, c'est une première réponse. La deuxième réponse sur l'électricité, c'est de donner le maximum de visibilité sur les capacités de production électrique de la France, et là c'est vrai que l'incertitude qu'il y a autour de la production d’électricité d'origine nucléaire, notamment du fait de l'arrêt de centrales appelle à donner avec beaucoup de transparence et beaucoup de visibilité ce qu'on est capable de faire. Il est probable que cette visibilité accrue permettra de baisser la pression sur le prix de l'électricité français. Je rappelle que le prix l'électricité français n'est plus connecté au prix du gaz, il est beaucoup plus élevé que chez nos voisins allemands et espagnols. Je parle du prix sur le marché, pas du prix que payent les ménages qui est le plus bas d’Europe, celui qu'on voit sur les marchés aujourd'hui est élevé à cause de ce problème de d'électricité nucléaire.

Alain Marschall : Le nucléaire reste l'avenir quand même en France ?

Agnès Pannier-Runacher : Oui tout à fait parce que ce n’est pas parce qu'à un moment on a des difficultés, qu'il faut jeter le bébé avec l'eau du bain. Le nucléaire aujourd'hui c'est 60 à 70 % de notre production d'électricité, ça a marché pendant des années, ça nous permet d'être un des rares pays à avoir une électricité quasiment intégralement décarbonée, et en fait très compétitive en termes de coût de revient de production . Tout ça ne s'est pas effacée du jour au lendemain. Ensuite on constate aujourd'hui que ça fait 40 ans qu'on a construit des centrales nucléaires et qu'il faut faire les maintenances des quarante ans, voilà c'est un moment à passer qui suppose une très bonne organisation opérationnelle d'EDF. Il ne faut pas perdre de temps sur ces maintenances. Et puis il y a ce sujet de corrosion qu'il faut traiter et l'autorité de sûreté nucléaire a validé plan proposé par EDF donc avançons…

Sur le même sujet

4 Commentaires

  1. Étonnant cet échange hors-sol entre une ministre de la transition énergétique qui paraît proche de la nullité en physique thermodynamique et ignorer même l’existence des mathématiques du chaos et des journalistes qui posent des questions « à la mode. Ils parlent tout de même énergie ; il y existe peut-être quelques français qui connaissent le rendement énergétique de la filière nucléaire, mais apparemment cela ne remonte pas au niveau de la ministre. Il y a pourtant deux informations publiques connus : (1) les marmites nucléaires pour 1kWh électrique balancent 2 kWh d’énergie calorique aux petits oiseaux ou poissons. Vous ne parliez pas de réchauffement climatique ? (2) Il y a 6 centrales nucléaires dont le seul but est de compenser les pertes en ligne d’un réseau trop centralisé. Question : combien a consommé un gramme de pastille d’uranium pour être introduite dans un crayon de marmite nucléaire ?

  2. Étonnant cet échange hors-sol entre une ministre de la transition énergétique qui paraît proche de la nullité en physique thermodynamique et ignorer même l’existence des mathématiques du chaos et des journalistes qui posent des questions « à la mode. Ils parlent tout de même énergie ; il y existe peut-être quelques français qui connaissent le rendement énergétique de la filière nucléaire, mais apparemment cela ne remonte pas au niveau de la ministre. Il y a pourtant deux informations publiques connus : (1) les marmites nucléaires pour 1kWh électrique balancent 2 kWh d’énergie calorique aux petits oiseaux ou poissons. Vous ne parliez pas de réchauffement climatique ? (2) Il y a 6 centrales nucléaires dont le seul but est de compenser les pertes en ligne d’un réseau trop centralisé. Question : combien a consommé un gramme de pastille d’uranium pour être introduite dans un crayon de marmite nucléaire ?

  3. Étonnant cet échange hors-sol entre une ministre de la transition énergétique qui paraît proche de la nullité en physique thermodynamique et ignorer même l’existence des mathématiques du chaos et des journalistes qui posent des questions « à la mode. Ils parlent tout de même énergie ; il y existe peut-être quelques français qui connaissent le rendement énergétique de la filière nucléaire, mais apparemment cela ne remonte pas au niveau de la ministre. Il y a pourtant deux informations publiques connus : (1) les marmites nucléaires pour 1kWh électrique balancent 2 kWh d’énergie calorique aux petits oiseaux ou poissons. Vous ne parliez pas de réchauffement climatique ? (2) Il y a 6 centrales nucléaires dont le seul but est de compenser les pertes en ligne d’un réseau trop centralisé. Question : combien a consommé un gramme de pastille d’uranium pour être introduite dans un crayon de marmite nucléaire ?

  4. Étonnant cet échange hors-sol entre une ministre de la transition énergétique qui paraît proche de la nullité en physique thermodynamique et ignorer même l’existence des mathématiques du chaos et des journalistes qui posent des questions « à la mode. Ils parlent tout de même énergie ; il y existe peut-être quelques français qui connaissent le rendement énergétique de la filière nucléaire, mais apparemment cela ne remonte pas au niveau de la ministre. Il y a pourtant deux informations publiques connus : (1) les marmites nucléaires pour 1kWh électrique balancent 2 kWh d’énergie calorique aux petits oiseaux ou poissons. Vous ne parliez pas de réchauffement climatique ? (2) Il y a 6 centrales nucléaires dont le seul but est de compenser les pertes en ligne d’un réseau trop centralisé. Question : combien a consommé un gramme de pastille d’uranium pour être introduite dans un crayon de marmite nucléaire ?

Répondre à Bernard GARRIGUES Annuler la réponse

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisement -spot_img

Derniers articles

- Advertisement -spot_img