mardi, mars 10, 2026
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Edito : Le solaire compétitif, une vérité qui dérange !


PLEIN SOLEIL logoVoici l'édito de la prochaine édition de Plein Soleil, à paraitre la semaine prochaine lors du salon Energaïa à Montpellier: 

A l'heure où le terme de compétitivité est devenu l'alpha et l'oméga
dans tous les discours de politique économique français, le solaire
photovoltaïque offre sur ce point un exemple édifiant. Si d'aucuns
imputent la baisse des prix des modules photovoltaïques à la
surproduction mondiale – ce qui est en partie vrai -, elle n'est pas non
plus due également à cette seule surproduction mais aussi aux progrès
permanents qu'enregistre la filière.

La R&D, l'optimisation des process et les démarches qualité se sont
mis en branle partout dans le monde. Le prix du silicium a quasiment été
divisé par deux sur la seule année 2012 passant de 50 dollars le kilo à
28 dollars actuellement. Les rendements des cellules ne cessent de
croître. La société française Air Liquide participe notamment de ce
mouvement en développant des gaz silanes capables de faire monter
l'efficience des cellules de 0,3 à 0,5%. Un meilleur rendement pour une
même cellule, voilà où se niche aussi la compétitivité. Dans les
avancées technologiques!

En 2006, des chercheurs experts ès photovoltaïque pourtant rompus à ces
technologies annonçaient le plus sérieusement du monde que les coûts du
solaire photovoltaïque devraient tomber en dessous de 10 centimes
d'euros le kWh en 2030 que l'on habite à Lille ou à Marseille. Nous
sommes en 2013, et il a déjà atteint ce palier. Or, à 10 centimes
d'euros le kWh, le solaire est concurrentiel vis-à-vis de toutes les
autres sources d'énergie. Preuve en est la petite bulle de 1500 MW qui
viendrait gonfler les listes d'attente de RTE pour des projets à 10
centimes d'euros. S'il y a des candidats, c'est qu'il existe un marché
rentable, en route vers la parité réseau. 10 centimes d'euros, le tarif
de tous les possibles qui permet, qui plus est, de ne point grever la
CSPE. Une excellente nouvelle pour l'ensemble de la filière française et
le mix énergétique français !

Mais ce qui est possible à 10,20 centimes d'euros ne l'est pas encore à
8,40 centimes d'euros, et ce même si la courbe du coût des modules
continue à s'infléchir à la baisse. Ainsi, la décision du gouvernement
de baisser de manière arbitraire de 20% le tarif de base T5 prouve, s'il
en était encore besoin, que la fulgurante compétitivité du solaire
photovoltaïque surprend et bouleverse les habitudes archaïques des
tenants des oligopoles de l'énergie en France.

Comme le dit Bertrand Piccard, créateur de l'avion Solar Impulse : « Les
gens n'aiment pas qu'on les oblige à se réinventer. Et pourtant, ceux
qui vont réussir sont ceux qui y parviendront. Ceux qui produiront
l'énergie et les solutions énergétiques de demain ne sont pas ceux qui
la produisent aujourd'hui ». L'essor du solaire photovoltaïque est
inéluctable et sa quête de compétitivité effrénée, une vérité qui
dérange.

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6 Commentaires

  1. Bravo!
    Enfin la liberté!
    Achetons tous quelques modules, batteries, chargeurs, onduleurs , frigos a+++ et coupons le cordon qui nous lie aux oligonucleopoles.
    Adieudf !

  2. « 2006, des chercheurs experts ès PV ». Ben voyons, comme c’est commode.
    Relisez vos édito., vous auriez pu sans peine y trouver du beaucoup plus frais et moins anonyme : 22 Août 2012 à l’INES – Jean Therme (CEA):  » Le solaire ne sera à maturité qu’en 2030 « .
    Une analyse (en forme de porte voix car d’une telle bêtise, que ce serait une injustice à lui faire que de la lui attribuer) qui d’ailleurs fait une très bonne mise en perspective de la filière nucléaire qui elle est déjà à maturité.
    Avec le recul on voit que M. Proglio aurait peut-être du s’inquiéter de la définition du mot « maturité « .
    Cordialement
    JMRobin

  3. Dans le cadre du programme Entelligent Energy Europe, à la page http://www.pvparity.eu/results/pv-competitiveness/ vos lecteurs trouveront une analyse générale du marché Européen sur la parité réseau ainsi qu’un outil pour faire leur propres évaluations
    D’une façon générale et à contrario de votre enthousiasme prospectif (2013 ?), l’analyse est que la parité réseau est en France et suivant les marchés encore pas tout à fait actuelle (particulièrement pour le résidentiel).
    A tout bien regarder on est même à la traîne de pratiquement toute l’Europe. Le choix de l’atome s’avère être l’équivalent des sacs d’éponges dans l’histoire des 2 mulets. La fin de l’histoire (effectivement imminente) montrera bien que les sacs de sel(icium) était finalement le meilleur choix. Cordialement JMRobin

  4. Faites circuler l’information : le samedi 9 mars 2013 réaction en chaîne humaine, rassemblement à Paris autour des Instances dirigeantes de ce pays qui organisent un débat entre nucléocrates autour de la transition énergétique : un écran de fumée pour occulter la politique du fait accompli, avec Atomic Anne aux commandes, la conclusion sera encore : le nucléaire est une filière d’avenir.
    Ci-dessous le code à joindre à vos mails, la transition énergétique c’est nous sur le terrain qui la faisons et pas dans les coulisses d’un pouvoir opaque et radioactif.
    Code : title= »Chaîne humaine pour sortir du nucléaire le 9 mars 2013 à Paris »> border= »0″ width= »400″ height= »70″>
    A bientôt
    BEN SEDRINE Besma

  5. Bonjour,
    La moyenne d’insolation sur le territoire français est de 2200 heures, il faut donc touver une énergie en production d’appoint pendant 6500 heures. Car au sens physique de l’électricité le PV n’a aucune puissance garantie ni disponible. Il faut installer en plus des turbines à gaz ou à fioul au rapport de 1 pour 1 pour assurer la sureté, la sécurité et la qualité du courant sans compter la modification du réseau de distribution pour éviter les surtensions. Le vrai coût du PV est à ce prix et n’a jamais été calculé. D »ailleurs la production d’électricité à partir du gaz de schiste est la mieux adaptée au PV au contraire du nucléaire, c’est pourquoi les pétroliers aiment bien les cellules photovoltaiques car elles leur permettraientt de vendre plus d’énergie fossile en France avec pour conséquence principale une augmentation du CO2 rejeté.
    Il n’y pas que des pavillons sur notre territoire, il existe encore des industries et des services qui ont besoin de beaucoup de puissance.
    Christian gerard

  6. Imaginez tout ce qu’on aurait pu faire avec les 8,5 milliards d’euro de l’EPR de Flamanville ! Une filière PV française compétitive par exemple, des milliers de kW installés en France, des milliers d’emploi durable, une recherche (sur les ENR, le stockage, …) qui aurait pu faire de la France un leader mondial dans un vrai secteur d’avenir … Oups, excusez, je rêvais encore d’un autre monde !
    Heureusement le citoyen ne se laissera pas faire et petit à petit grâce à l’auto-consommation (fini les stupidités d’intégration et autres contraintes absurdes), il fera plier le géant aux pieds d’argile.

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