Le marché français de l’électricité connaît en septembre 2026 une forte hausse de sa volatilité. Selon le dernier observatoire publié par Storio Energy, l’écart moyen journalier entre les heures les moins chères et les plus chères atteint 214 €/MWh, un niveau inédit depuis 2022. Une configuration de marché qui renforce, selon l’entreprise, la valeur économique du stockage par batteries pour les industriels.
Le contraste est saisissant. En septembre, les prix spot français oscillent en moyenne chaque jour entre 23 €/MWh lors des heures les moins chères et 247 €/MWh lors des heures les plus coûteuses, soit un spread moyen de 214 €/MWh. Dans son observatoire des prix de l’électricité, Storio Energy souligne que cette amplitude retrouve des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis la crise énergétique de 2022. Dans le même temps, le prix moyen du marché spot day-ahead atteint 143 €/MWh depuis le début de l’année 2026. Storio Energy établit notamment un lien avec l’évolution du prix du gaz, toujours soumis aux tensions géopolitiques et aux incertitudes à l’approche de l’hiver.
Gaz en hausse et production électrique en retrait
Cette augmentation de la volatilité s’explique, selon l’analyse de Storio Energy, par la conjonction de plusieurs facteurs. Le prix du gaz aurait progressé d’environ 15 % entre août et septembre, tandis que plusieurs moyens de production électrique affichent une disponibilité moindre qu’un an auparavant. Par rapport à septembre 2025, la disponibilité du parc nucléaire recule ainsi de 3,7 GW. L’éolien perd 2,3 GW et l’hydraulique 1,5 GW. Deux filières progressent néanmoins : le solaire affiche 1,8 GW supplémentaires et la production à partir de gaz augmente de 1 GW.
Ces hausses ne suffisent toutefois pas à compenser entièrement le recul des autres moyens de production. La France demeure largement exportatrice d’électricité, mais son solde net se réduit : 8 GW en septembre 2026 contre 10 GW un an auparavant. Storio Energy attribue notamment la moindre disponibilité de l’hydraulique et du nucléaire aux conséquences de la sécheresse estivale.
Des creux de prix autour du pic photovoltaïque
La hausse du prix moyen de l’électricité ne signifie pourtant pas que l’électricité est chère en permanence. Le marché connaît désormais régulièrement des périodes de prix particulièrement faibles, voire nuls, autour du pic de production photovoltaïque de l’après-midi. Cette succession, au cours d’une même journée, de périodes de forte abondance puis de tensions sur le système explique l’élargissement du spread entre heures creuses et heures de pointe.
C’est précisément dans cette configuration que les systèmes de stockage trouvent leur intérêt économique : charger les batteries lorsque l’électricité est abondante et bon marché, puis restituer l’énergie lors des heures où les prix sont nettement supérieurs. Pour les entreprises industrielles, il devient ainsi possible de déplacer une partie de leur consommation électrique de la pointe du soir vers les heures solaires de la mi-journée.
Le spread près de trois fois supérieur au coût du stockage
Depuis le début de l’année, Storio Energy estime le spread « top-bottom » à 142 €/MWh. L’entreprise le compare au LCOS – Levelized Cost of Storage, c’est-à-dire le coût actualisé du stockage sur la durée de vie de la batterie, qu’elle évalue à environ 50 €/MWh. Selon ces estimations, l’écart de prix valorisable sur le marché représente donc près de trois fois le coût du stockage.
Storio Energy indique également que les revenus cumulés de ses batteries ont progressé de 50 % sur les neuf premiers mois de 2026 par rapport à janvier-septembre 2025. Ils auraient plus que doublé par rapport à la même période de 2024. Ces données illustrent la transformation progressive de l’économie du stockage. Les batteries ne servent plus seulement à augmenter le taux d’autoconsommation d’une installation photovoltaïque ou à sécuriser une alimentation électrique. Elles deviennent également un outil permettant d’exploiter les variations horaires du prix de l’électricité.
« Transformer ces écarts de prix en avantage économique »
Pour Jean-Yves Stephan, CEO et cofondateur de Storio Energy, le phénomène est appelé à durer : « Septembre confirme que la volatilité s’installe durablement sur le marché électrique français. Avec un spread journalier moyen de 214 €/MWh, au plus haut depuis 2022, les batteries permettent aux industriels de transformer ces écarts de prix en avantage économique, tout en contribuant à la décarbonation du système électrique. »
Fondée en 2023, Storio Energy installe et exploite des batteries pour des industriels électro-intensifs et des entreprises disposant notamment d’installations photovoltaïques en autoconsommation. Son système de gestion de l’énergie pilote les batteries en continu afin d’optimiser leur charge et leur décharge en fonction des besoins du site et des signaux du marché.
L’observatoire de septembre met ainsi en évidence une évolution structurelle du système électrique : plus les écarts de prix entre les heures solaires et les pointes de consommation augmentent, plus la capacité à déplacer l’énergie dans le temps prend de la valeur. Pour le stockage, la volatilité du marché devient désormais une composante à part entière de son modèle économique.
Lire le rapport de septembre de « l’observatoire des prix de l’électricité »





