Après la présentation officielle d'une étude d'ErDF, ENERPLAN, le syndicat des professionnels de l'énergie solaire, réclame au gouvernement une révision en urgence du tarif d'achat de l'électricité solaire pour les installations inférieures à 100 kWc (700 m2).
Le calcul du tarif d'achat de l'électricité solaire est biaisé. Dans une étude présentée par ERDF lors du « comité de concertation des producteurs » jeudi dernier, près de 50% des projets photovoltaïques de petite puissance sont abandonnés après la demande de raccordement. Pourtant ces projets sont inclus dans le calcul de dégressivité du tarif d'achat de l'électricité solaire. En toute logique, il faudrait calculer la baisse des tarifs uniquement sur la base des puissances réellement raccordées au réseau. Selon Enerplan, le tarif d'achat devrait donc être de l'ordre de 169 €/MWh et non de 134,6 €/MWh aujourd'hui pour les installations dont la puissance est comprise entre 36 et 100 kWc. Le calcul vicié qui intègre les projets abandonnés aboutit à des tarifs trop bas pour rentabiliser une installation. C'est un vrai préjudice que subit la filière.
Un éclairage essentiel sur le taux de chute des projets photovoltaïques
Pour la première fois officiellement, un document apporte un éclairage sur le taux de chute des projets photovoltaïques. A chaque trimestre depuis mars 2011, c'est l'ensemble des demandes de raccordement au réseau qui sert à calculer la dégressivité du tarif d'achat de l'électricité solaire. Que ces projets aboutissent ou non !
Ainsi, l'étude d'ERDF montre que le taux d'abandon des projets photovoltaïques de la file d'attente sans être raccordés au réseau basse tension s'élève à 68% au troisième trimestre 2012. « L'analyse d'ERDF permet de constater le dysfonctionnement de la décroissance des tarifs d'achats de l'électricité solaire. Celle-ci est basée sur une méthode inappropriée qui comptabilise des projets avortés. Le gouvernement doit remédier rapidement à cette anomalie, qui a fait baisser de façon inéquitable un tarif d'achat devenu aujourd'hui trop bas pour rentabiliser une installation » déclare Thierry Mueth, président d'Enerplan.






C’est un problème qui est existant depuis l’origine, même s’il s’accentue aujourd’hui!
Mais belle réaction quand même
Le but de la mise en place d’une règle au niveau du prix d’achat de l’électricité a comme vocation de diminuer celui-ci petit à petit afin que les coûts énergétiques ne pénalisent pas les foyers les plus fragiles économiquement.
En l’occurrence nous sommes passés 28.83 c€/kwh en Mars 2011 à 13.46 c€/kwh aujourd’hui pour la tranche 36-100 kwc. Y-a-t-il là une incohérence ? A priori non car l’objet des énergies renouvelables est d’exploiter le potentiel énergétique de chaque région, au vu de son gisement : les éoliennes sont là où il y a du vent, le photovoltaïque là où il y a du soleil et la méthanisation là où il y a du lisier et du fumier. Ce prix bas permet encore de réaliser des projets dès que la production est égale ou supérieure à 1250 kwh/kwc : du coup le photovoltaïque reste rentable au sud de la France pour ce type de puissance.
Il n’y a rien de choquant à cela et à force de réagir d’une manière épidermique et non raisonnée, on ne fait que décrédibiliser les professionnelles des énergies renouvelables.
A noter que cette réaction du syndicat ENERPLAN est en décalage avec l’orientation du marché qui va vers l’autoconsommation où le prix de l’économie électrique est de l’ordre de 13 c€/kwh TTC (au mieux car le kwh professionnel est encore moindre). Dans ce cas, l’équilibre financier doit être trouvé avec un système de stockage en plus au niveau de l’investissement photovoltaïque et avec une maintenance associée. Vendre son électricité à 13.46 c€/kwh sans système de stockage est cohérent d’autant qu’il y a moins d’investissement et de charges annuelles. A nous professionnelle de trouver des solutions et de ne pas nous tromper de « territoire ». La concurrence énergétique existe, il faut l’accepter.
Ce dysfonctionnement vient du fait que les tarifs sont fixés au moment de la dépose de la PTF et avec cette méthode on n’arrivera jamais à ajuster correctement le tarif
Une fois encore les allemands ont résolu ce problème de manière plus élégante : le tarif est octroyé au moment du raccordement (ce qui permet de dynamiser un peu le marché et de ne pas l’observer avec un an de retard) et la diminution mensuelle du tarif est fixé pour les 3 mois à partir des chiffres des raccordements de l’année précédente. En plus l’évolution du tarif est communiquée le mois précédent ce qui évite de travailler un mois tous les trimestres sans connaitre les tarifs. Je ne parle même pas de leurs tarifs qui diminuent linéairement en fonction de la puissance installée contrairement à la France qui a des tarifs en pallier (pourquoi une installation de 37kWc serait contre nature?).
Pour conclure je trouve dommage de se battre pour faire augmenter les tarifs d’achat qui ne sont pas une solution pérenne. En France on devrait pouvoir trouver « quelques » simplifications pour faire baisser les coûts d’installation et rendre enfin l’énergie photovoltaïque compétitive face aux autres énergies.