mardi, mars 3, 2026
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En route vers la parité réseau et l’Internet de l’énergie

Le développement d’une nouvelle filière industrielle peut-il être rémunéré via les factures des consommateurs ? Certainement à la genèse de cette même filière afin de soutenir la montée en puissance de technologies innovantes. Cependant, une fois la maturité de la filière atteinte, le consommateur n’a plus vocation à mettre la main au portefeuille. Les gouvernements doivent trouver de nouvelles sources de financement. L’Europe du photovoltaïque entre justement dans cette nouvelle phase de développement. L’Espagne vient ainsi d’ériger un moratoire à durée indéterminée sur les tarifs d’achat. De son côté, le gouvernement allemand a annoncé jeudi 23 février une réduction de 20% à 30% des tarifs d’achat de l’électricité solaire, le double de ce qui était prévu. Cette baisse sera, qui plus est, effective au 9 mars 2012 alors qu’elle était attendue en juillet prochain. Partout, les processus de soutien au photovoltaïque sont freinés, le photovoltaïque entre dans une nouvelle ère.

L’arrêt de ces mécanismes d’aide précipite l’arrivée imminente de la parité réseau. En Espagne, les professionnels ont formulé une requête : La possibilité d’auto consommer l’électricité d’origine solaire tout en revendant le surplus au prix de vente du réseau. L’idée du compteur capable de tourner à l’envers en somme ! En Allemagne où le kWh est déjà presque deux fois plus cher qu’en France, la baisse drastique des tarifs conduit là aussi inexorablement à la parité réseau dans les mois qui viennent. Les Allemands avaient d’ores et déjà greffé une prime à l’auto consommation. Histoire d’aller dans le sens des bonnes pratiques. Demain, elle va se généraliser. 

Dans cette configuration de la parité réseau, le consommateur revient enfin au centre des dispositifs photovoltaïques, loin de toute spéculation ou des montages de  location/toiture. Et c’est là qu’intervient la notion d’Internet de l’énergie et de la vente d’électricité entre soi. Si le producteur ne consomme pas toute son énergie, il peut alors en faire bénéficier la communauté dans des logiques décentralisées de quartier à énergie positive et de mixité sociale. Le système est, qui plus est, un pertinent levier d’économies d’énergie. Le producteur fait attention à ce qu’il consomme pour vendre davantage d’électricité à l’extérieur. Une véritable révolution énergétique !

En France aussi, cette transition va prévaloir. Elle doit s’imposer sans tarder quitte à financer de quelques centimes supplémentaires l’autoconsommation. Car l’avenir énergétique mondial se situe dans les smart grids, dans cette capacité à échanger en ultra local. Pour ce faire, l’accès au réseau français doit être repensé. Son prix doit être modulé en fonction de la proximité élective. Aujourd’hui, un producteur du Var paie le même prix pour alimenter Toulon ou Dunkerque dans un concept de mutualisation devenu obsolète. Il faudra aussi réfléchir au financement temporaire de ces quelques centimes d’euros qu’il faut cesser d’enter sur la facture des usagers. Et pourquoi ne pas faire resurgir la taxe carbone, outil intéressant de transfert de devises des hydrocarbures polluants vers un secteur vert créateur d’emplois non délocalisables. Pour rester dans la course de cette révolution énergétique, la France n’a  de toute façon pas le choix : Elle doit accélérer son accession vers la parité réseau et l’Internet de l’énergie pour jouer un rôle majeur dans ce domaine crucial de l’économie de demain.        __________________________________________________________________________________________

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6 Commentaires

  1. Bonjour,
    c’est tout de même curieux, voire inquiétant cette non compréhension des phénomènes physiques :
    « Si le producteur ne consomme pas toute son énergie, il peut alors en faire bénéficier la communauté dans des logiques décentralisées de quartier à énergie positive et de mixité sociale. Le système est, qui plus est, un pertinent levier d’économies d’énergie. Le producteur fait attention à ce qu’il consomme pour vendre davantage d’électricité à l’extérieur. Une véritable révolution énergétique ! »
    Mais messieurs, c’est déjà comme cela que ça fonctionne.
    L’énergie produite par les panneaux est TOUJOURS consommée « au plus court », par le producteur lui même, et par ses voisins ensuite s’il produit de trop. L’électricité suit le chemin de moindre impédance.
    Dès lors peu importe (au niveau énergétique) que l’on vende le surplus ou que l’on vende la totalité.
    Au point de vue tarif, c’est autre chose bien sur. Mais à la parité, si les tarifs de vente ou d’achat sont identiques, il n’y a vraiment aucune différence en € entre la vente totale ou de surplus.
    Cdlt

  2. Ca fait un moment que Jeremy Rifkin a développé et expliqué ce concept ! Il serait temps que nos dirigeants prennent conscience de la révolution qui est en marche. On a déjà raté le train du photovoltaïque, espérons qu’on arrive au moins à rattraper les wagons du Smart Grid !!

  3. La parité réseau est donc atteinte en Allemagne pour tous les tarifs résidentiels avec toutes les nouvelles installations photovoltaïques, y compris celles de faible puissance (moins de 10 kWc).
    http://energeia.voila.net/solaire/parite_allemagne.htm
    Les tarifs résidentiels, ce sont tout ce qui n’est pas industriel, c’est à dire les logements, mais aussi les professions libérales, les bureaux, les commerces, les administrations, les écoles, les hôpitaux …
    La parité réseau est aussi atteinte pour les tarifs industriels dont la consommation est inférieure à 2.000 MWh par an, ce qui représente plus de la moitié des entreprises, avec les installations photovoltaïques en toiture de 10 kW et plus.

  4. Merci pour cet argumentaire pédagogique en faveur des « smart grid », qui m’explique clairement en quelques mot tout leur intérêt.

  5. je rebondis sur le commentaire de Crolles (merci à lui de ramener à la raison). on ne comprend pas les phénomènes physiques quand on ne prend pas la peine d’y réfléchir.Que sont devenus les cris et gesticulations outragées dénonçant a priori une gestion scandaleuse de la politique énergétique? Evaporés? Tant mieux, car l’article ci-dessus montre bien qu’il y a matière à revenir à la raison. Le recours au porte-monnaie du consommateur se justifie pour aider à lancer la filière innovante et lui faire suivre plus rapidement la courbe d’apprentissage et de réduction des coûts. Mais au final, chaque énergie nouvelle devra converger plus ou moins vers la parité réseau. En croyant bien faire, les acteurs du Grenelle ont été plus généreux au départ que les finances publiques n’en avaient les moyens, et le recalage a été géré maladroitement. Mais je ne pense pas que la France ait raté le train du photovoltaïque. Il y a même des avantages à le prendre en marche car ainsi la moyenne du coût global d’équipement sera un peu moins chère. Si le photovoltaïque réussit à prendre sa place durable (et qui ne le souhaiterait pas !!)ce sera pour très longtemps. Vous verrez qu’on y arrivera.

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